Au cours d’un atelier provincial organisé à Kisangani, dans la province de la Tshopo par l’ONG Acteurs pour le Développement Durable et Préservation des Forêts en Afrique (ADDPFA), avec l’appui financier du Global Greengrants Fund, les communautés de Yalikanda I et II ont plaidé pour la valorisation de leur pharmacopée.
Réunissant les représentants des communautés locales, des autorités provinciales, des organisations de la société civile ainsi que des partenaires techniques autour des enjeux liés à la préservation et à la valorisation des ressources végétales locales, l’atelier a offert aux communautés de ces deux villages, un espace pour exposer leurs difficultés liées à la gestion et la valorisation de leurs plantes médicinales. Des ressources qui jouent non seulement un rôle crucial dans les soins de santé humaine et animale, mais aussi dans la fertilité des sols au sein de leurs villages.
Ouverts par le Directeur de Cabinet représentant le ministre provincial de l’Environnement empêché, les travaux ont été facilités par le point focal de la foresterie communautaire de la province de la Tshopo. Ils ont connu la participation des représentants du cabinet du Gouverneur de province, du ministre provincial de l’intérieur, du ministre provincial de la santé, de la division provinciale de la santé, de la coordination provinciale de l’environnement ainsi que du député provincial élu d’Opala. Plus d’une trentaine de participants ont rehaussé de leur présence aux échanges, dont des délégués communautaires.
Enjeu des assises : valorisation les plantes médicinales

L’atelier a permis de restituer les résultats des travaux participatifs menés au sein des communautés sur la valorisation des plantes médicinales, de l’identification à l’analyse en passant par la documentation des contraintes. Une feuille de route stratégique a également été présentée pour pérenniser les savoirs traditionnels et assurer l’usage durable de ces ressources végétales.
Les participants ont par ailleurs examiné les possibilités de collaboration et de mobilisation de financements auprès des partenaires techniques et financiers, pour soutenir les initiatives communautaires et renforcer leur impact à long terme.
Au cœur des échanges, la voix des tradipraticiens a résonné comme un signal d’alarme. En première ligne face aux besoins sanitaires des populations rurales, ces détenteurs de savoirs ancestraux ont rappelé le rôle irremplaçable des plantes médicinales.
Face à la menace d’un effondrement de cette pharmacopée traditionnelle, ils ont plaidé pour une urgence absolue : préserver et transmettre un patrimoine immatériel aujourd’hui fragilisé par le fossé générationnel. Un appel pressant a également été lancé aux pouvoirs publics pour intégrer officiellement ces pratiques dans les politiques de santé, trop souvent sourdes à la valeur de cette médecine de terrain.
À travers cette démarche, l’ONG ADDPFA entend replacer les communautés locales au cœur de la conservation de la biodiversité et de la gestion des forêts. La validation de la feuille de route marque un tournant décisif pour structurer des actions concrètes en faveur des plantes médicinales.
La rédaction (avec ADDPFA)
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