Une partie cruciale du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB), joyau mondial de la biodiversité situé à l’est de la République Démocratique du Congo, a ete la proie d’un violent feu de brousse depuis deux jours. L’alerte, lancée par l’honorable Prince Kihangi Kyamwami, met en lumière une situation critique qui menace directement la stabilité écologique de la région.
L’incendie se serait déclaré dans le groupement Musenyi, au sein de la chefferie Buloho, dans la province du Sud-Kivu. Si l’origine exacte du sinistre demeure pour l’instant inconnue, la menace d’une propagation rapide est imminente. Le brasier risque en effet de s’étendre au secteur organisationnel de Nkuku, menaçant par la même occasion le secteur des Bakano dans le territoire de Walikale, situé dans la province voisine du Nord-Kivu. Ce drame environnemental n’est malheureusement pas un cas isolé, un incident similaire ayant déjà touché le parc dans un passé récent.
Face à cette urgence, les autorités compétentes sont interpellées avec fermeté. La Direction générale de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) est appelée à prendre des mesures immédiates pour circonscrire l’incendie et stopper sa progression. De son côté, le chef de site du PNKB est invité à diligenter sans délai des enquêtes approfondies afin d’élucider les causes exactes de ce feu de brousse et d’établir des solutions durables pour parer à de futures récidives.
Un patrimoine mondial sous haute tension

Créé en 1970 et étendu en juillet 1975 pour atteindre une superficie totale de 600 000 hectares à cheval sur les provinces du Sud-Kivu, du Maniema et du Nord-Kivu, le Kahuzi-Biega abrite une faune et une flore d’une richesse inestimable. C’est notamment le sanctuaire emblématique des gorilles de Grauer.
Cette valeur exceptionnelle lui a valu d’être classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1980. Toutefois, en raison d’une pression humaine accrue, le site a basculé dès 1996 sur la liste du patrimoine mondial en péril. Aujourd’hui encore, de vastes portions du parc échappent au contrôle effectif de l’ICCN, exposant la faune et la flore locales au braconnage endémique, à l’abattage d’espèces ligneuses recherchées ainsi qu’à l’exploitation minière illégale.
L’urgence d’un dialogue multisectoriel
Si divers efforts sont consentis pour redorer le blason du parc et lui permettre de recouvrer son statut initial auprès de l’UNESCO, les obstacles restent colossaux. L’appel lancé depuis Goma insiste particulièrement sur le déficit persistant de communication entre les parties prenantes, le faible engagement de certains acteurs et l’absence d’un cadre d’échanges multi-acteurs et multisectoriel.
L’honorable Prince Kihangi Kyamwami exhorte ainsi le Directeur Général de l’ICCN à s’impliquer personnellement pour résoudre cette crise majeure. Dans un contexte plus large, l’appel lie la problématique du Kahuzi-Biega à celle du Parc National des Virunga (PNVi), plaidant pour l’organisation rapide d’un « Dialogue Vert » entre toutes les parties prenantes. Cet espace de concertation est présenté comme la clé de voûte indispensable pour adapter la conservation des aires protégées aux défis contemporains du changement climatique, du développement durable et de la lutte contre la pauvreté en RDC.
La rédaction
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