À quelques semaines de la Conférence des Parties (COP17) Biodiversité prévue en Arménie, la course aux accréditations est désormais lancée. ONG, organisations communautaires, chercheurs, institutions publiques et acteurs du secteur privé doivent anticiper la constitution de leurs dossiers s’ils veulent prendre part aux échanges internationaux consacrés à l’avenir de la biodiversité.
Du 19 au 30 octobre 2026, l’Arménie accueillera les discussions internationales consacrées à la biodiversité dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CDB). Cette conférence intervient dans un contexte marqué par l’accélération de la dégradation des écosystèmes, la perte de biodiversité et la nécessité de renforcer la participation des communautés locales et autochtones aux décisions environnementales. Mais avant d’accéder aux salles de conférence ou aux espaces réservés aux observateurs, les organisations et institutions intéressées doivent franchir une étape déterminante, celle de l’accréditation.
En effet, les ONG et organisations de la société civile ne bénéficient pas d’une admission automatique aux travaux de la CDB. Leur participation est encadrée par l’article 23 du règlement intérieur de la Convention. Les structures candidates sont appelées à justifier d’une expérience dans les domaines de la conservation de la biodiversité, de l’utilisation durable des ressources naturelles ou encore de la défense des intérêts des communautés locales et peuples autochtones.
Avant tout, leur admission reste également soumise à une procédure au cours de laquelle aucune objection ne doit être formulée par au moins un tiers des parties. La solidité du dossier, la légitimité de l’organisation et la conformité des pièces administratives constituent ainsi des éléments déterminants pour obtenir le précieux sésame.
Les documents à préparer sans tarder

Pour les ONG et organisations de la société civile, le dossier doit notamment comprendre une preuve d’enregistrement légal, à travers les statuts notariés, un arrêté ministériel ou encore le document F92. Une lettre officielle de demande d’accréditation adressée au Secrétaire général doit être produite, avec des copies destinées au Ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat (EDD-NEC), au Directeur de la Direction du developpement durable (DDD) ainsi qu’au Point focal national de la CDB.
À cela, les organisations candidates sont priées aussi de présenter leur parcours, leurs objectifs et leurs principales réalisations. Deux derniers rapports d’activités doivent compléter le dossier. La liste nominative des délégués devra préciser les noms et fonctions des personnes désignées, accompagnés d’une copie de leur passeport au format JPG. Une fois admises, ces organisations prennent part aux travaux en qualité d’observateurs, sans droit de vote.
Universités, chercheurs et secteur privé également concernés
La procédure d’accréditation ne se limite pas aux ONG. Les universités, instituts de recherche, agences gouvernementales et entreprises privées qui souhaitent participer aux assises doivent satisfaire aux exigences établies. Leur dossier devra comporter une lettre officielle d’intention sur papier à en-tête, signée par le plus haut responsable de l’institution et adressée au Secrétaire général.
La correspondance devra être accompagnée des copies destinées au Ministre EDD-NEC, au Directeur de la DDD et au Point focal de la CDB. Les représentants désignés devront, de leur côté, être identifiés à travers une liste nominative précisant leurs fonctions, des ordres de mission ainsi que des copies de passeport au format JPG devront être joints au dossier.
À un mois et demi de l’ouverture de la conférence, le temps presse. Les dossiers complets sont tenus d’être transmis suffisamment tôt au Secrétariat afin de permettre leur traitement et leur validation. La procédure prévoit que l’accréditation intervienne entre 21 et 30 jours avant l’ouverture officielle de la conférence.
Pour les organisations environnementales, les chercheurs et les représentants des communautés, l’enjeu dépasse donc la simple formalité administrative. L’accréditation constitue une porte d’entrée vers un espace où se négocient les grandes orientations internationales en matière de biodiversité. Elle offre surtout la possibilité aux acteurs de terrain de faire entendre leurs préoccupations, de partager leurs expériences et de porter les réalités locales dans les discussions internationales. À l’approche de cette COP, le constat est donc simple pour faire entendre sa voix en Arménie, il faut d’abord franchir l’étape de l’accréditation.
Onésime Lukau
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