L’Unité de Coordination du Programme d’Investissement pour la Forêt (UC-PIF) a lancé ce lundi 26 octobre à Kinshasa, un atelier intensif de formation de formateurs sur l’évaluation et la gestion des risques environnementaux et sociaux (E&S), conformément au Cadre environnemental et social (CES) de la Banque mondiale. Cette session résidentielle de cinq jours, qui se poursuivra jusqu’au 31 octobre prochain, est financée par la Banque mondiale. Elle vise à constituer une cohorte d’enseignants-chercheurs des universités congolaises capable de concevoir et de dispenser des enseignements rigoureux sur le CES, afin de renforcer durablement les capacités nationales et d’assurer la pérennité du Centre d’Apprentissage E&S.
Dans un contexte où le manque de formateurs qualifiés pour enseigner les normes de gestion des risques E&S dans les universités congolaises constitue un obstacle majeur, cette formation de formateurs assurée par les spécialistes de la Banque mondiale et ceux de l’UC-PIF apparaît comme la pierre angulaire pour créer un réseau durable de formateurs certifiés. L’objectif est qu’ils puissent ensuite enseigner le CES dans le système universitaire congolais et essaimer auprès de leurs pairs.
Spécialiste en environnement au sein de l’UC-PIF, Alex Yenge a expliqué que les enseignants sélectionnés devront transmettre leurs compétences et développer des modules adaptés aux réalités nationales.
« Les professeurs sélectionnés doivent bénéficier d’une formation de formateurs afin de pouvoir ensuite dupliquer les formations auprès d’autres enseignants et mettre en place des cours et des modules répondant aux enjeux essentiels de la gestion des risques environnementaux et sociaux. Les modules devront répondre aux besoins des différents secteurs prioritaires du pays, notamment l’économie, les infrastructures, l’électricité, le bâtiment, l’eau et le secteur forestier; etc. L’objectif est de mieux intégrer la gestion des risques environnementaux et sociaux dans la conception et la mise en œuvre des projets », a-t-il déclaré.
Pour préparer cette formation, un diagnostic a été mené dans plusieurs universités afin d’identifier les insuffisances des programmes d’enseignement en matière de gestion des risques E&S.
« Nous avons travaillé avec des professeurs intervenant dans les zones couvertes par le projet, ainsi qu’avec ceux qui avaient participé au diagnostic réalisé dans les universités de Lubumbashi, Kinshasa et Kisangani. L’objectif était d’identifier les lacunes dans les enseignements et les modules de cours relatifs aux questions environnementales et sociales. Le PIFORES a voulu élargir le diagnostic réalisé dans les trois universités afin d’inclure les autres établissements universitaires concernés par les différentes zones d’intervention du programme. Un atelier de deux jours a ensuite permis d’approfondir les réflexions sur le cadre institutionnel et réglementaire ainsi que sur les lacunes observées dans les universités. D’où une réflexion a été faite pour la création d’un centre interuniversitaire de gestion des risques environnementaux et sociaux. Une des recommandations de la feuille de route consistait à former des formateurs de la première cohorte des professeurs chercheurs », a-t-il précisé.
Des secteurs prioritaires exposés à des risques multiples

En RDC, plusieurs secteurs primaires font face à des risques environnementaux et sociaux importants, notamment les mines, la forêt, les transports et l’eau. Selon Alex Yenge, l’expansion du secteur minier exige une meilleure prévention et gestion des risques.
« Le secteur minier connaît une expansion importante en République démocratique du Congo, avec la création de nombreuses entreprises. Il est donc essentiel de mieux gérer les différents risques environnementaux et sociaux susceptibles de survenir au cours des activités d’exploitation minière. Dans le secteur forestier, les enjeux liés à la réduction des émissions, à l’exploitation non réglementée et aux pratiques non durables constituent des préoccupations majeures. Ce sont des risques essentiels auxquels nous devons nous intéresser dans le cadre de cette formation de formateurs », a-t-il renseigné.
À l’issue de cette formation, l’UC-PIF entend disposer de professeurs certifiés, capables de concevoir des modules à dispenser aux étudiants sur la gestion des risques E&S dans les secteurs clés du pays. Ces formateurs devront également former d’autres enseignants sur ces questions, afin d’essaimer les bonnes pratiques et de renforcer durablement les capacités nationales.
Le Programme d’Investissement pour la Forêt et la Restauration des Savanes (PIFORES) est un projet du gouvernement congolais appuyé par la Banque mondiale. Il comporte une sous-composante consacrée au renforcement des capacités pour une meilleure gestion des risques environnementaux et sociaux. Dans ce cadre, plusieurs réflexions ont été menées autour de trois axes : un appui aux réseaux des populations autochtones, un appui à l’évaluation du cadre réglementaire national en matière de gestion des risques E&S, ainsi qu’un appui direct aux universités.
Bertin Al-bashir
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