Face aux menaces croissantes qui pèsent sur le deuxième poumon vert de la planète, plus de 50 participants venus de six pays d’Afrique centrale se réunissent les 28 et 29 octobre 2026 dans la capitale gabonaise. Objectif : faire entendre la voix des peuples des forêts et débloquer des financements climatiques directs.
Alors que la pression industrielle et le changement climatique menacent plus que jamais le Bassin du Congo, Greenpeace Afrique et l’organisation non gouvernementale Brainforest orchestrent les 28 et 29 octobre 2026 à Libreville la troisième Conférence régionale des organisations de la société civile (OSC) environnementale de la région.
Sous le thème « Un bassin du Congo résilient : forêts, populations, finances et nature », plus de 50 délégués venus du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine et de la République démocratique du Congo (RDC) se rassemblent au King Choice Appart Hotel pour bâtir un front commun.
780 000 hectares de forêts primaires disparus en un an
Le Bassin du Congo abrite l’un des écosystèmes les plus vitaux de la Terre : un bouclier indispensable contre le réchauffement climatique et le moyen de subsistance quotidien d’environ 80 millions de personnes.
Pourtant, la dégradation s’accélère. Selon les données publiées en 2025 par le World Resources Institute, environ 780 000 hectares de forêts primaires ont été détruits dans le Bassin du Congo au cours de la seule année 2024. Déforestation, pression extractive et modèles de développement agressifs continuent de prélever un lourd tribut, au détriment des droits des populations locales.
« Le Bassin du Congo ne peut pas continuer à être présenté comme une priorité mondiale pour le climat et la biodiversité pendant que les communautés qui protègent quotidiennement ses forêts restent à la périphérie des décisions et peinent à accéder aux mécanismes de financements », déplore Toussaint Molenge, responsable régional du projet Forêts et Biodiversité à Greenpeace Afrique.
Quatre piliers pour transformer la gouvernance forestière
Après les étapes de Yaoundé en 2024 et de Kinshasa en 2025, cette édition de Libreville marque le passage au concret. Durant deux jours, les débats vont s’articuler autour de quatre priorités majeures.
Premièrement, la gouvernance et la transparence : lutter contre la corruption et limiter l’emprise des industries extractives sur les massifs forestiers.
Deuxièmement, les droits et le leadership des peuples autochtones : sécuriser le droit foncier et appliquer rigoureusement le principe de consentement libre, informé et préalable (CLIP).
Troisièmement, la conservation axée sur les communautés : promouvoir une protection de la biodiversité menée par et pour les habitants des forêts. Quatrièmement enfin, l’accès direct aux financements : lever les obstacles administratifs pour que la finance climat profite directement aux acteurs de terrain.
Pour Martial Djinang, secrétaire exécutif de Brainforest, la méthode est claire :
« Nous ne pouvons pas construire un avenir durable sans celles et ceux qui vivent dans ses forêts. Cette conférence doit rapprocher les politiques publiques des réalités du terrain et renforcer la capacité de la société civile à interpeller les décideurs ».
L’ombre de la COP31 en ligne de mire
Cette rencontre régionale intervient à un moment charnière du calendrier diplomatique international, quelques semaines avant la tenue de la COP31 sur le climat, prévue en novembre 2026 à Antalya en Turquie.
À l’issue des travaux de Libreville, les participants prévoient de publier la « Déclaration de Libreville », un document stratégique destiné à influencer les futurs sommets internationaux et à contraindre les gouvernements locaux et les bailleurs de fonds internationaux à prendre des engagements mesurables.
« La réussite de Libreville dépendra surtout de notre capacité collective à transformer les recommandations en engagements suivis d’effets […]. Les forêts du Bassin du Congo et les générations futures ne peuvent plus attendre », conclut Toussaint Molenge.
La rédaction (avec Greenpeace Afrique)
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