Conservation : vers la disparition de la Réserve de Biosphère de Luki (RBL) ?
Au cours d’une réunion tenue ce mercredi 14 mai 2025 dans les installations du Groupe de travail climat Redd+ rénové (GTCRR), le Groupe de Travail Forêt (GTF) a analysé la situation en lien avec les femmes paysannes et jeunes filles riveraines de la Réserve de Biosphère de Luki (RBL). Une activité qui rentre dans le cadre du projet d’appui au renforcement des capacités et de résilience climatique des femmes paysannes agricultrices en bordure de la réserve de biosphère de Luki située dans la Province du Kongo central.
Selon certaines sources, ce patrimoine mondial de l’Unesco est menacé de disparition à cause d’une part, des problèmes de gouvernance camouflé par la double tutelle, et des activités destructrices de l’environnement d’origine anthropique, d’autre part. Lesquelles activités atteignent aujourd’hui la zone intégrale de la réserve qui devrait être totalement conservée, et qui ont de ce fait, un impact avéré et exposent les ménages riverains notamment les femmes et les jeunes aux effets du changement climatique.
C’est pour réfléchir sur les différentes menaces qui pèsent sur cet écosystème crucial que le GTF a fait appel à quelques experts de la société civile environnementale, pour trouver des solutions à cette épineuse question, entre survie des femmes qui tiennent les ménages et la préservation de la Réserve de biosphère de Luki.
« La femme est la première personne à être touchée par les effets néfastes du changement climatique, c’est elle qui est exposée au soleil et qui prépare la nourriture pour la famille. Particulièrement pour les femmes riveraines de la Réserve de biosphère de Luki, elles prennent en charge les familles par les activités agricoles. Et la Réserve de Luki est considérée comme un obstacle aux femmes d’exercer leurs activités agricoles et socio-économiques, l’espace devenant de plus en plus petit », a indiqué Madame Susanne de la CFLEDD.
Et d’ajouter, « les femmes ont tendance de faire leurs activités dans la réserve, et pourtant la Loi sur la conservation de la nature interdit toute activité dans la réserve et dans la zone tampon. Pour faire face à cela, il faut parler avec ces femmes, renforcer leurs capacités afin qu’elles comprennent que cet espace est réservé à la conservation et leur apprendre à pratiquer une agriculture durable et intelligente », a-t-elle souligné.
Selon les études, des problèmes menacent dangereusement l’existence de la réserve et l’intégrité de ce patrimoine naturel. Il s’agit notamment de l’exploitation artisanale du bois d’œuvre ; la carbonisation pour la production du bois énergie ; la chasse illégale et le braconnage ; le faible contrôle et le manque de moyens de travail des éco-gardes et autres.
Signalons que le projet d’appui au renforcement des capacités et de résilience climatique des femmes paysannes agricultrices en bordure de la réserve de biosphère de Luki a comme objectifs, entre autres, de passer en revue, d’ici juin 2025, les différents rapports de mission dans la zone ayant proposé des pistes de solution pour la préservation de cette réserve en vue d’en ressortir les évidences du problème ; de mettre en place et documenter un dispositif plaidoyer et d’alerte impliquant les femmes agricultrices riveraines à la RBL visant à réduire les facteurs destructeurs de l’environnement de la RBL, y compris l’exploitation illégale des ressources naturelles dans le site.
Il s’agit également de préparer, d’ici septembre 2025, une session d’échange et de plaidoyer sur la gestion durable de la RBL entre les femmes agricultrices riveraines et les gestionnaires de la Réserve, y compris les décideurs locaux ; enfin sensibiliser et contribuer à l’autonomisation de la femme et de la jeune fille riveraine à la réserve.
Ruben Ns Mayoni
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