Le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR) et le Conseil pour la Défense Environnementale par la Légalité et la Traçabilité (CODELT) ont uni leurs forces pour structurer une contribution commune au processus d’élaboration de la Politique Forestière Nationale (PFN) en République Démocratique du Congo.
Un atelier national, organisé conjointement ce lundi 29 décembre à Kinshasa, a servi de cadre au lancement officiel de deux projets d’appui à l’amélioration de ce document stratégique. L’objectif est de renforcer la qualité et la cohérence de la PFN, déjà élaborée par le gouvernement, en y intégrant les apports structurés de la société civile.
En présence de représentants d’organisations de la société civile environnementale et de membres de l’administration du Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC), les deux projets ont été présentés en détail. Il s’agit du projet « Appui à l’amélioration de la Politique forestière nationale par la société civile » et du « Projet d’appui au dialogue et à la concertation multipartite inclusive et intégrée dans les processus de gouvernance environnementale en RDC ». Ces initiatives couvriront huit provinces (Kwilu, Mai-Ndombe, Équateur, Lomami, Tshopo, Lualaba, entre autres) et vont concerner les secteurs foncier, forestier, aménagement du territoire et agricole.
Me Augustin Mpoyi, Conseiller technique principal du CODELT, a souligné le caractère urgent de cette mobilisation.
« C’est un processus qui a pris de l’ampleur, mais aussi de la vitesse, et nous essayons de rattraper le temps pour pouvoir contribuer à améliorer le contenu de ce document », a-t-il déclaré.
Selon lui, si une première version de la PFN existe et reflète des avancées, des questions essentielles, notamment juridiques et institutionnelles, n’y sont pas suffisamment traitées.
« Nous avons estimé que le régime répressif actuellement en place n’est pas dissuasif et qu’il y a lieu de le renforcer dans le cadre de cette réforme », a-t-il précisé.
Un complément, pas une nouveauté

Guy Kambuji, coordonnateur du GTCRR, a pour sa part expliqué que cette démarche s’inscrit dans la continuité d’un travail de longue haleine.
« Ce n’est pas une particularité, c’est un complément, parce que nous travaillons sur cette question depuis longtemps. Quand on a des textes comme ça, il faut bien les faire, parce qu’on ne les change pas chaque fois », a-t-il fait valoir.
Trois axes majeurs d’amélioration ont été mis en avant par le coordonnateur du GTCRR. D’abord l’appropriation collective : assurer une large compréhension et adhésion aux orientations de la politique. Ensuite la cohérence juridique : garantir un alignement parfait entre la nouvelle politique et le Code forestier encore en vigueur. Et enfin la prise en compte effective des communautés : intégrer clairement les préoccupations et les droits des communautés locales et des peuples autochtones.
« La politique doit contenir exactement les désidératas et les préoccupations des communautés. Il faut clarifier où se trouvent les forêts des communautés, les forêts industrielles, et qui fait quoi, et où », a insisté Guy Kajemba.
Il a conclu en réaffirmant la volonté de produire « un document indicatif, clair, bien documenté, qui donne toutes les informations nécessaires ».
Cette initiative vise à alerter les autorités, en particulier le MEDD-NEC, pour une intégration formelle des préoccupations de la société civile dans l’agenda officiel de validation de la PFN. Le calendrier établi prévoit la désignation d’experts, des missions de terrain dans les provinces concernées, l’intégration des données recueillies et la production d’une version améliorée de la politique. L’objectif poursuivi est de présenter et valider ce document consolidé d’ici fin mars 2026, avant sa transmission officielle au ministère.
Bertin Al-bashir
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