Le monde a célébré le 14 mars dernier, la journée internationale d’action pour les rivières 2026, sous le thème : « protéger les rivières, protéger les peuples ». Une occasion pour la communauté des humains de mettre en lumière l’importance que représente les rivières pour les écosystèmes aquatiques et terrestres, ainsi que pour les populations. Joignant sa voix à celle des autres organisations de la société civile, le Centre congolais pour le droit du développement durable (CODED), à travers sa secrétaire générale adjointe, a accordé une interview exclusive à Versvert-infos, pour célébrer cette journée instaurée il y a 29 ans, en 1997.
Pour Me Victorine Kilembe, « Protéger les rivières, c’est protéger les populations. C’est pourquoi nous plaçons cette journée sous signe de la sensibilisation », a-t-elle indiqué.
La dégradation des rivières a des effets néfastes sur notre milieu ambiant, en termes d’inondations, d’écroulements de terrain, d’érosions, tant dans la ville de Kinshasa qu’ailleurs à travers la RDC. Des phénomènes dus en grande partie au fait que les rivières ne sont pas suffisamment protégées. D’où la nécessité de protéger les rivières, à travers notamment le curage régulier.
« Le fait de jeter des immondices dans les rivières invite la pollution de toute nature, et pourtant les rivières doivent servir à réguler la vie sur terre, à réguler la vie aquatique et pourquoi pas la flore et la faune que nous avons », a souligné Me Victorine Kilembe.
« Tout est lié à la rivière, et protéger les rivières, c’est protéger la vie, protéger les rivières, c’est penser aux générations futures. Protéger les rivières, c’est surtout veiller à ce que le cycle du climat soit normal et qu’on évite le plus possible le changement climatique », a-t-elle ajouté.
Aux côtés des autres organisations de la société civile comme la CORAP, le CODED, avec ses partenaires à l’instar d’International River, a choisi d’alerter les populations ainsi que les décideurs sur la nécessité de protéger les forêts et de les préserver pour les générations présentes et futures. Car si les forêts sont protégées, les rivières le sont aussi, mêmement pour les populations, l’eau et la forêt étant inséparables.
Me Victorine a également souligné que le développement tant désiré n’a pas seulement apporté des bienfaits, mais aussi des méfaits et des conséquences néfastes. Raison pour laquelle elle a sensibilisé et martelé sur le fait que lorsqu’on protège les rivières, on protège également les populations qui doivent être informées pour qu’elles participent à la protection des rivières.
Un message particulier aux femmes

A la fois victimes, et surtout actrices, les femmes possèdent en elles les capacités de faire changer les choses.
« D’abord, nous sommes solidaires avec elles et leur disons que nous sommes ensemble avec elles parce que nous savons que ce sont elles qui payent le plus grand tribut par rapport à tout ce que nous connaissons en matière de changement climatique. Nous demandons à ces femmes de jouer le rôle de sensibilisatrice », interpelle la Secrétaire générale adjointe du CODED.
Elle a invité tout le monde et particulièrement les femmes à éviter de polluer les rivières, en jetant les déchets ménagers et plastiques dans les eaux et dans les rivières.
« Aux femmes, nous leur demandons d’être des actrices pour mettre en œuvre leur savoir et leur connaissance afin de protéger les rivières. Et comme ce sont elles qui ont généralement la charge de s’occuper des ménages, nous leur demandons de transmettre des bonnes valeurs aux enfants, aux jeunes, et même aux hommes pour veiller sur les rivières », a-t-elle conseillé.
Elle a également appelé le pouvoir public à des actions allant dans le sens de curer régulièrement les rivières pour préserver la vie des populations à travers la consommation d’une eau de rivière de qualité pour les populations qui en dépendent.
« L’eau avec laquelle nous faisons la cuisson vient des rivières. Si cette eau est polluée, ce sont nos vies qui sont polluées, et beaucoup de maladies que nous connaissons comme l’amibiase, la diarrhée et d’autres maladies hydriques proviennent aussi du fait que nous consommons de l’eau qui n’est pas bonne », a souligné Me Victorine Kilembe.

En célébrant cette journée d’action pour les rivières, CODED marque sa solidarité avec toutes les populations qui sont victimes des inondations, des effets néfastes de grands barrages détruisant leurs écosystèmes.
« Si nous sommes tous ensemble protecteurs des rivières, nous serons tous bénéficiaires de la vie qui en découle », a conclu Me Victorine Kilembe.
Ruben Ns Mayoni
Share this content:
