À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des Forêts commémorée le samedi 21 mars sous le thème : « forêtset économies », l’ONG Greenpeace Afrique, en collaboration avec la Faculté des Sciences agronomiques et environnement de l’Université Pédagogique Nationale (UPN), a organisé une conférence dans le bâtiment K2 de l’UPN/Kinshasa. L’objectif était non seulement de sensibiliser les étudiants, les chercheurs, le corps professoral et le public sur les enjeux et les défis de la forêt, mais aussi de les inviter à reconsidérer la manière de voir la forêt qui a plusieurs rôles à jouer.
Dans son mot de bienvenu, la représentante du doyen de la faculté des sciences agronomiques et environnement a énuméré quelques bienfaits de la forêt.
« La forêt est l’un des meilleurs facteurs anti polluant. Beaucoup d’arbres produisent une substance antiseptique appelée phytocide qui détruit les microorganismes pathogènespour l’homme, l’animal et les plantes », a-t-elle indiqué.
La célébration de la journée internationale des forêts a étél’occasion pour Greenpeace de lancer un message fort au gouvernement de la RDC.
« Nous invitons à rejoindre notre courant à la demande de mettre en place le plan d’action zéro déforestation en tant que pays. Renforcer la gouvernance avec la participation des peuples autochtones et les communautés locales, faciliter l’accès direct aux financements pour échapper au mécanisme rigide des financiers actuels », a lancé le Professeur Georges Milumbu, Représentant pays de Greenpeace Afrique.
Il a ajouté que le gouvernement congolais devrait maintenir le moratoire sur les forêts, car selon lui, « les préalables ne sont pas encore mis en œuvre pour lever le moratoire, la seule manière de préserver nos forêts de la déforestation », a souligné le Professeur Georges Milumbu, en insistant sur la gouvernance en matière de gestion forestière et foncière.
La Rectrice de l’Université Pédagogique Nationale, Professeure Yvonne Ibebeke, a d’abord reconnu le rôle combien primordial de la forêt congolaise qui pourtant fait face à de multiples défis dont l’expansion de l’agriculture industrielle, avant de revenir sur le thème de la journée.
« Le thème de cette année, forêts et économies, rappelle que la forêt ne doit pas seulement être considérée comme une ressource à exploiter, mais comme un capital écologique, social et économique capable de soutenir un développementdurable et inclusif », a souligné la Professeure Yvonne Ibebeke.
Exposés enrichissants

Pour enrichir les débats, trois présentations ont été faites. D’abord celle de la Professeure Patience Ngelinkoto sur « les tourbières du Congo » qui a montré le lien étroit entre la forêt et les tourbières.
Puis, l’intervention du Professeur Bhêly Angoboy sur le « fonctionnement des arbres et des forêts tropicales d’Afrique Centrale », recommandant ainsi la compréhension du fonctionnement des arbres pour des raisons évidentes.
« 50% du carbone forestier mondial se trouve dans le bois, 55% du carbone forestier se trouve dans les forêts tropicales et 46% du stock du bois africain se trouve en RDC », a-t-il renseigné.
Enfin, « l’Interaction Forêt-Sol, importance dans le maintien de l’équilibre des écosystèmes » par le Professeur Tonny Muliele, qui a évoqué les menaces qui pèsent sur les forêts dont la déforestation, les feux de brousse, le labour et autres, avant d’évoquer le système de culture durable pour une interaction sol et forêt.
« Pour un système de culture durable, il est essentiel de mettre sur pied une gestion durable en termes de reboisement, plan d’aménagement du territoire, bonnes pratiques agricoles et des systèmes de culture durable comme l’agroforesterie, l’agriculture de conservation », a martelé le Professeur Tonny Muliele.

Tous les intervenants ont démontré l’importance de protéger les écosystèmes forestiers non seulement pour la survie de la planète, mais aussi des communautés locales et des peuples autochtones qui dépendent de ces forêts.
Ces interventions ont ensuite laissé la place au panel animé par la Coordonnatrice de la Coalition des femmes leaders pour l’environnement et le développement durable (CFLEDD) et de Femmes autochtones et communautés locales pour le développement participatif (FACID), Marie-Dorothée Lisanga, qui a parlé des « implications des peuples autochtones et garanties sur la sécurisation foncière »; leChargé de campagne forêt de Greenpeace, Toussaint Molenge, qui a fait « l’état de lieux du développement de la politique forestière », et par Me Willy Elua, chargé de monitoring à l’ONG Actions pour la protection des peuples et espèces menacés (APEM), qui s’est appesanti sur les « forces et faiblesses de la nouvelle loi foncière ».
Pour marquer d’une pierre blanche cette journée, la Rectrice de l’UPN a planté un baobab, comme pour dire, « les actes parlent mieux que les paroles ». La visite de l’exposition de Greenpeace avec des images émouvantes des forêts congolaises et leurs usages, ainsi que des tourbières ont donné davantage du sens à cette journée internationale des forêts en RDC.
Ruben Ns Mayoni
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