Réunis à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement célébrée vendredi 5 juin, sous le thème international « Maintenant pour le climat », le Club des Étudiants en Sciences de l’Environnement de l’Université de Kinshasa (CESEN ASBL), l’ONG Logos 1er et Horizons Verts ont lancé un appel à l’action face à l’urgence climatique. Entre réflexions scientifiques, plaidoyers pour le reboisement et sensibilisation sur les impacts du changement climatique sur les femmes, les participants ont insisté sur la nécessité de passer des discours aux actes.
La crise climatique n’attend plus. C’est le principal message qui a résonné lors de la célébration de la Journée mondiale de l’environnement. Cette rencontre a rassemblé universitaires, responsables d’institutions publiques, acteurs de la société civile et étudiants autour d’un même objectif, celui de renforcer la mobilisation collective en faveur de la protection de l’environnement et de la restauration des écosystèmes.
Ouvrant les travaux, le président du CESEN ASBL, Liège Mosolo, a rappelé que la planète est confrontée à des défis environnementaux majeurs, notamment le changement climatique, la perte de biodiversité et les différentes formes de pollution.
« Cette journée nous rappelle le contexte difficile dans lequel se trouve l’humanité. Elle nous offre un espace pour réfléchir ensemble aux problèmes qui affectent notre société, mais surtout pour agir », a-t-il déclaré, soulignant que la plantation d’arbres organisée en marge de l’activité visait à traduire concrètement les engagements environnementaux.
Invité à cette célébration, le Directeur général du Fonds Forestier National (FFN), Dominique Mbuyamba Tshimanga, a insisté sur le rôle stratégique de la République démocratique du Congo dans la lutte contre le réchauffement climatique mondial. Pour lui, la richesse forestière du pays constitue un atout majeur dans la régulation du climat à l’échelle planétaire, mais impose également des responsabilités importantes en matière de conservation et de reboisement.
« Cette journée est avant tout une occasion de prise de conscience face à la crise climatique. Nous devons reboiser sans attendre afin de préserver notre planète et les générations futures. La restauration du couvert forestier demeure l’une des réponses les plus efficaces pour atténuer les effets du changement climatique et renforcer la résilience des communautés.», a-t-il affirmé.

Les échanges ont également été marqués par plusieurs interventions académiques portant sur les solutions à apporter face aux bouleversements climatiques. Le professeur ordinaire Dieudonné Musibondo, chef de mention Sciences et Gestion de l’Environnement, a développé une réflexion sur la gestion des défis climatiques en RDC dans une perspective de développement durable. Il a notamment souligné la nécessité de renforcer les politiques environnementales et d’intégrer davantage les questions climatiques dans les stratégies nationales de développement.
De son côté, le professeur Eustache Kidikwadi a mis en avant le reboisement comme un levier essentiel pour lutter contre le réchauffement climatique. Selon lui, la plantation d’arbres contribue à la séquestration du carbone, à la protection des sols et à la restauration des écosystèmes dégradés.
Genre et changement climatique : les femmes en première ligne

L’une des interventions les plus remarquées a été celle de Mme Jeannette Bosingizi, coordonnatrice de l’ONG Logos 1er et cheffe de services à l’Agence congolaise de l’environnement, qui a abordé la question du genre face aux changements climatiques. Dans sa communication, elle a démontré que les femmes et les jeunes filles supportent une part disproportionnée des conséquences de la dégradation environnementale. En milieu rural notamment, elles assurent la majorité des activités agricoles, l’approvisionnement en eau ainsi que les soins apportés aux enfants et aux personnes vulnérables.
« Lorsque les ressources en eau se raréfient ou que les conditions climatiques se détériorent, ce sont d’abord les femmes qui en subissent les conséquences », a-t-elle expliqué. L’intervenante a également souligné que les maladies liées à la pollution et aux mauvaises conditions environnementales affectent particulièrement les femmes, déjà confrontées à de nombreuses responsabilités familiales et économiques.
Face à cette réalité, Mme Bosingizi a invité chaque femme et chaque jeune fille à planter au moins un arbre comme contribution personnelle à la lutte contre le changement climatique. «L’arbre, c’est la vie. Il nous donne l’ombre, l’oxygène, l’eau et la nourriture. Planter un arbre aujourd’hui, c’est protéger les générations futures», a-t-elle déclaré.
Au-delà du rôle des femmes, elle a insisté sur la responsabilité collective de la société dans la protection du climat, rappelant que les enjeux environnementaux concernent tous les citoyens sans distinction. Elle a également plaidé pour une meilleure articulation entre les Objectifs de développement durable, notamment ceux liés à l’eau (ODD 6) et à l’action climatique (ODD 13), estimant qu’aucun progrès durable ne pourra être obtenu sans une approche intégrée des défis environnementaux.
Moment symbolique de cette célébration, les participants ont clôturé l’activité par une séance de plantation d’arbres sur le site de la rencontre. Universitaires, responsables institutionnels, membres de la société civile et étudiants ont chacun mis en terre un jeune plant, traduisant ainsi leur volonté de faire du reboisement un acte concret plutôt qu’un simple slogan.
À travers cette initiative, le CESEN ASBL, Logos 1er et Horizons Verts ont voulu rappeler que la lutte contre le changement climatique ne se résume pas à une journée de sensibilisation. Elle exige des actions quotidiennes et un engagement permanent pour préserver les ressources naturelles, restaurer les écosystèmes et construire un avenir plus durable.
Onesime Lukau
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