À l’occasion d’une session de dialogue de haut niveau dédiée à la problématique de la transformation locale et de l’exportation des grumes en République Démocratique du Congo, le Réseau National des Observateurs Indépendants des Ressources Naturelles (RENOI), par la voix de son Président du Conseil d’Administration (PCA), Jean-Robert Bowela Banatoli, a livré un plaidoyer fort pour réinventer l’économie forestière nationale.
Portée à travers son pôle Forêts, piloté par le Groupe de Travail Forêt (GTF-RDC), cette intervention intervient à un tournant décisif marqué par les engagements sous-régionaux en faveur de la transformation du bois et par le processus en cours de révision du Code forestier congolais.
Pour le RENOI, le débat sur l’exportation des grumes ne doit pas se résumer à un choix binaire entre interdiction et autorisation. Il s’agit avant tout d’une opportunité majeure de mutation structurelle.
L’organisation appelle à rompre définitivement avec le modèle traditionnel où la plus-value quitte le territoire national sous forme de matière première brute.
L’objectif affiché est clair : ériger le secteur forestier en un véritable moteur de création d’emplois, de revenus industriels et de développement direct pour l’État congolais et les communautés riveraines. Une orientation qui fait écho aux dynamiques sous-régionales, notamment l’impulsion portée par la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) en faveur de la fin des exportations de grumes et du renforcement des capacités locales de transformation.
Révision du Code forestier : concilier souveraineté et durabilité
Alors que les travaux de consolidation du projet de révision de la loi forestière battent leur plein, le RENOI salue la volonté d’intégrer de nouveaux enjeux cruciaux. C’est notamment le marché du carbone et la protection des tourbières ; ainsi que la répartition efficiente des compétences entre le pouvoir central et les provinces.
Dans sa vision, le réseau résume ses ambitions à travers un triptyque équilibré : « Transformer localement, OUI ; industrialiser, OUI ; exporter, OUI, mais dans la légalité, la transparence, la durabilité et l’intérêt national ».
L’appel à l’action et le rôle de l’observation indépendante
En clôturant son intervention, le PCA JR Bowela a exhorté l’ensemble des parties prenantes à faire de ce dialogue un espace de propositions pragmatiques, de responsabilités partagées et d’engagements mesurables.
Le RENOI a réaffirmé son engagement indéfectible à accompagner l’amélioration de la gouvernance des ressources naturelles en RDC, en s’appuyant sur l’observation indépendante, la production d’informations factuelles, le plaidoyer stratégique et le suivi citoyen. De quoi faire de la forêt congolaise non plus une simple réserve de grumes, mais un instrument incontournable de souveraineté économique, de justice sociale et de développement durable.
Ruben Ns Mayoni
Share this content:
