Saluée dès ses premières loges par la population kinoise, l’initiative du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, confiant l’assainissement de la capitale à la Task Force du Service National avait suscité un vent d’espoir. Curage des caniveaux, démantèlement des marchés pirates, démolition des constructions anarchiques et libération des voies publiques : plusieurs grandes artères de la ville ont rapidement commencé à retrouver leur éclat. Cependant, sur le terrain, l’enthousiasme initial laisse aujourd’hui place à des interrogations cruciales sur la durabilité et l’efficacité de cette opération.
Pour répondre aux inquiétudes environnementales et offrir des alternatives aux passants, la Task Force a procédé à l’installation de poubelles publiques sous forme de tonneaux couverts. Si l’initiative a permis d’encourager la collecte des bouteilles plastiques et autres résidus, un nouveau problème majeur a fait son apparition : la fréquence d’évacuation.
Faute de ramassage régulier, ces conteneurs se retrouvent très vite saturés. Résultat : les immondices finissent par déborder sur les trottoirs et la chaussée, reproduisant le spectacle de salubrité précaire que l’opération cherchait justement à éliminer.
« Pourquoi installer de nouvelles poubelles si c’est pour ne pas les vider à temps ? », s’interrogent de nombreux riverains et usagers de la route, déconcertés par cette gestion à mi-chemin.
L’incivisme environnemental de la population en question

L’action des autorités se heurte également à un obstacle de taille : le comportement citoyen. Malgré la saturation évidente des poubelles, certains Kinois continuent d’y amasser leurs déchets ou de les jeter à même le sol sans scrupule.
Ce manque flagrant d’éducation environnementale témoigne d’une méconnaissance – ou d’un mépris – des risques sanitaires et écologiques liés à la mauvaise gestion des ordures. Une attitude passive qui fragilise les efforts consentis par le gouvernement et le Service National.
Nécessité des sanctions pour changer les mentalités
Face à cette situation, de nombreux observateurs appellent à une étape supérieure. L’assainissement ne pourra porter ses fruits de manière pérenne sans un encadrement strict. Pour réussir le pari d’une ville propre, deux leviers doivent impérativement fonctionner de pair : la régularité du service d’évacuation par la Task Force pour maintenir les infrastructures opérationnelles, et la mise en place d’amendes et de sanctions financières à l’encontre des contrevenants pour éradiquer l’incivisme et inciter à un réel changement de mentalité.
L’initiative présidentielle a prouvé qu’un changement est possible à Kinshasa. Mais pour que l’œuvre de la Task Force ne soit pas un éphémère coup d’épée dans l’eau, l’organisation logistique et la rigueur de la loi devront rapidement prendre le relais.
Ruben Ns Mayoni
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