Mushie, Province du Mai-Ndombe. Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la sécurisation des droits fonciers et forestiers des communautés locales en République démocratique du Congo. Dans le cadre du Projet d’Appui à la Sécurisation des Droits Fonciers et Forestiers des Communautés Locales et des Peuples Autochtones (PASDFF III), le Centre d’Accompagnement de la Population pour le Développement du Mai-Ndombe (CADEM-ONGD) a mené une mission de consultation communautaire, d’obtention du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) ainsi que des études de base auprès des communautés Ngenzey-Itu et Mia-Mpee, situées dans le groupement de Bampe, territoire de Mushie.
Cette mission s’inscrit dans la vision nationale de promotion de la foresterie communautaire, qui vise à garantir les droits fonciers et forestiers des communautés locales et peuples autochtones tout en encourageant une gestion durable des ressources naturelles. Elle répond également aux objectifs du PASDFF III, qui place les communautés au cœur de la gouvernance de leurs espaces forestiers
Durant plusieurs jours, les équipes de CADEM-ONGD ont organisé des séances d’information, de sensibilisation et de dialogue avec les autorités coutumières, leaders communautaires, femmes, jeunes ainsi que les peuples autochtones.
Ces échanges ont permis de présenter les objectifs du projet, d’expliquer le processus d’obtention d’une Concession Forestière des Communautés Locales (CFCL), de recueillir les préoccupations des populations et d’obtenir leur Consentement Libre, Informé et Préalable, conformément aux normes internationales et à la législation congolaise en la matière.
Cette démarche participative traduit la volonté du projet de construire une gouvernance forestière inclusive, où les communautés deviennent les principaux acteurs de la protection et de la gestion de leurs ressources naturelles.
Ressources des communautés de Ngenzey-Itu et Mia-Mpee

Les communautés de Ngenzey-Itu et Mia-Mpee disposent d’importants massifs forestiers encore relativement bien conservés, faisant d’elles des zones d’une grande valeur écologique. La communauté de Ngenzey-Itu abrite notamment le bonobo, espèce endémique de la République démocratique du Congo et emblématique de la conservation mondiale. La présence de ce grand singe témoigne de la richesse biologique de ces forêts, qui constituent également un habitat essentiel pour de nombreuses espèces animales et végétales. Ces espaces forestiers représentent par ailleurs un important réservoir de carbone, jouant un rôle majeur dans l’atténuation des effets du changement climatique.
Les deux communautés possèdent également des tourbières, écosystèmes rares capables de stocker d’immenses quantités de carbone et de réguler le régime hydrologique de la région. Leur conservation revêt une importance stratégique tant pour les populations locales que pour les efforts internationaux de lutte contre le changement climatique.
Au-delà de leur richesse écologique, ces forêts offrent un fort potentiel de développement à travers la valorisation des produits forestiers non ligneux, la recherche scientifique, la conservation de la biodiversité ainsi que le développement d’activités économiques durables au profit des communautés.
Impacts de la mission

La mission a également permis de réaliser des études de base portant sur les aspects socio-économiques, culturels, fonciers et écologiques des deux communautés. Les données collectées serviront à orienter les prochaines interventions du PASDFF III, en garantissant une planification adaptée aux réalités locales et une gestion participative des ressources naturelles.
Le Chef de Projet Provincial, Paulin Lokonda Mpiangeli Joseph, s’est réjoui de la forte implication des populations.
« Cette mission marque une étape importante dans le processus de sécurisation des droits fonciers et forestiers des communautés locales. Les populations de Ngenzey-Itu et Mia-Mpee ont démontré un réel engagement en faveur de la gestion durable de leurs forêts. Les importantes richesses écologiques qu’elles abritent, notamment les bonobos, les tourbières et les vastes étendues forestières, constituent un patrimoine naturel qu’il est essentiel de préserver tout en améliorant les conditions de vie des communautés ».
De son côté, le Coordonnateur de CADEM-ONGD, Jonas Bola Lopondo, a réaffirmé l’engagement de son organisation.
« CADEM-ONGD reste pleinement engagée à accompagner les communautés locales dans la sécurisation de leurs droits et dans la promotion d’une gouvernance forestière inclusive. Notre approche repose sur la participation communautaire, le respect des droits des populations et la valorisation durable des ressources naturelles au bénéfice des générations présentes et futures », a-til souligné.
Pour le Chef de Projet National, Boreck Gata, cette mission démontre que les communautés sont prêtes à devenir des partenaires de premier plan dans la protection des forêts.
« Le PASDFF III constitue une opportunité importante pour renforcer la gouvernance communautaire des ressources forestières en République démocratique du Congo. Les résultats obtenus dans les communautés Ngenzey-Itu et Mia-Mpee démontrent que les populations sont prêtes à s’engager activement dans la conservation de leurs forêts tout en poursuivant leur développement socio-économique ».
Le PASDFF III bénéficie de l’appui financier du Tenure Facility, un mécanisme international qui accompagne les peuples autochtones et les communautés locales dans la reconnaissance et la sécurisation de leurs droits fonciers et forestiers.
À travers ce soutien, le Tenure Facility contribue au renforcement de la gouvernance locale, à la protection des écosystèmes forestiers, à la promotion des moyens de subsistance durables ainsi qu’à la lutte contre le changement climatique grâce à des initiatives portées directement par les communautés.
La mission réalisée à Ngenzey-Itu et Mia-Mpee constitue une avancée significative dans le processus de reconnaissance des droits des communautés locales du territoire de Mushie. Elle ouvre ainsi la voie à une gestion durable des ressources forestières, conciliant protection de la biodiversité, sécurisation des droits fonciers et amélioration des conditions de vie des populations.
Suite à cette initiative, le PASDFF III confirme que la participation active des communautés demeure l’une des clés essentielles pour préserver les importantes richesses naturelles du Mai-Ndombe tout en construisant un développement local durable au bénéfice des générations présentes et futures.
Jean-Béni Nseposwa, Correspondant à Inongo (Mai-Ndombe)
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