Pendant trois jours (les 22, 23 et 24 juillet), le village Kisimbosa, situé à 12 km de Walikale-Centre dans la province du Nord-Kivu, a accueilli un dialogue communautaire organisée par le consortium composé de l’Alliance Nationale d’Appui et de Promotion des Aires et Territoires du Patrimoine Autochtone et Communautaire en RDC (ANAPAC-RDC) et du Programme d’Intégration et de Développement du Peuple Pygmée (PIDP). Cette rencontre a rassemblé les peuples autochtones et les autres communautés du secteur de Bakano autour d’un objectif commun : poursuivre l’identification participative des sites et ressources des Aires et Territoires du Patrimoine Autochtone et Communautaire (APAC).
Durant ces assises, les discussions ont été centrées sur la préservation de la biodiversité, la cartographie hydrologique pour les zonages et le potentiel que représentent les rivières pour le développement local. L’objectif est de doter Kisimbosa d’un plan spécifique, de valoriser les potentialités autochtones et d’attirer des investissements pour transformer ce village situé dans un territoire enclavé.
Pour ce faire, les membres des communautés ont procédé à l’identification participative des APAC. Ils ont recensé les ressources naturelles, les sites sacrés, les grottes, les chutes d’eau ainsi que les principales espèces de faune et de flore présentes dans ces territoires. Les participants ont ainsi cartographié trois nouveaux sites à Kisimbosa – Mashuo, Kambuchi et Kisa – après avoir travaillé sur le site de Mabaka lors de la première journée.
Les travaux ont également pris en compte les territoires des communautés autochtones pygmées situées en dehors de Kisimbosa. Les participants ont esquissé les limites des APAC appartenant à plusieurs communautés autochtones pygmées, notamment celles de Banissamasi et de Sangui. Même si ces communautés ne font pas partie de Kisimbosa, il était important d’intégrer leurs territoires dans cet exercice de cartographie participative, afin de garantir une vision d’ensemble et une cohérence territoriale.
Dans son mot, le Directeur Exécutif National de l’ANAPAC-RDC, Joseph Itongwa est revenu sur la possibilité d’élaboré une vision de développement à l’horizon 2030.
« Nous avons travaillé sur une vision commune à l’horizon 2030. Les communautés ont défini des actions prioritaires pour valoriser leurs territoires, développer un écotourisme communautaire, préserver les sites culturels et renforcer les initiatives locales de conservation. Notre ambition est qu’à l’horizon 2030, certains de ces sites disposent de campements écotouristiques permettant aux visiteurs de découvrir les richesses écologiques et culturelles de nos territoires, tout en générant des bénéfices pour les communautés locales. Nous avons analysé les principales menaces qui pèsent sur nos ressources naturelles. Parmi les solutions proposées figurent la revitalisation des règles traditionnelles, le renforcement de la surveillance communautaire, la transmission des savoirs autochtones aux jeunes générations et une meilleure connaissance des sites écologiques et culturels », a-t-il déclaré.
Joseph Itongwa a lancé un appel aux autorités étatiques afin de soutenir davantage les initiatives communautaires, tout en rappelant que les peuples autochtones réclament un meilleur accès aux ressources situées dans les aires protégées.

« Nous lançons un appel aux autorités afin qu’elles appuient les initiatives portées par les communautés. Beaucoup d’actions actuellement menées répondent normalement aux responsabilités de l’État. En attendant, les organisations communautaires continuent d’accompagner les populations avec les moyens dont elles disposent. Plusieurs communautés vivent aujourd’hui à proximité de parcs nationaux où elles n’ont plus accès aux ressources dont elles dépendaient autrefois. Elles demandent le renforcement des actions de plaidoyer afin que leurs droits soient reconnus et qu’elles puissent bénéficier d’un accès compatible avec les objectifs de conservation », a-t-il souligné.
Et d’ajouter : « Nous terminons ces quatre jours de travaux avec un sentiment de satisfaction. Cette rencontre a confirmé le rôle fondamental des peuples autochtones comme gardiens des forêts, de la biodiversité et des savoirs traditionnels. Les communautés ont réaffirmé leur engagement à poursuivre la protection de leurs territoires. Toutes les ambitions que nous avons définies ne pourront se concrétiser que dans un contexte de paix. Le retour de la sécurité permettra aux communautés d’accéder pleinement à leurs territoires, de protéger leurs ressources et de mettre en œuvre leur vision de développement durable », a-t-il conclu.
Il convient de souligner que le village Kisimbosa possède les caractéristiques des APAC, des aires protégées sous gouvernance communautaire désormais reconnues au niveau international comme un outil précieux pour la sauvegarde de la biodiversité. Ce territoire, « terre ancestrale fertile », est le territoire de vie des Peuples Autochtones Bambuti-Babuluko de Walikale. L’ANAPAC-RDC, en tant qu’organisation de défense de la promotion, du renforcement et de la reconnaissance juridique des APAC, joue un rôle clé dans ce processus d’identification et de sécurisation de ces espaces.
Avec ANAPAC-RDC
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