Face à l’urgence de la crise des emballages plastiques, Greenpeace Afrique a ouvert ce jeudi 30 juillet, en collaboration avec le Secrétariat Général du Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat, un atelier de consultation multipartite de deux jours à Kinshasa. Cet événement clé rassemble des délégués des institutions publiques, de la société civile, du monde académique, du secteur privé et des partenaires techniques. Pour Greenpeace Afrique, l’objectif est de formuler des recommandations pragmatiques pour combler les lacunes juridiques et institutionnelles qui plombent la gestion des déchets plastiques en RDC.
À Kinshasa comme dans d’autres grands centres urbains de la République Démocratique du Congo, la prolifération des déchets plastiques est devenue critique, avec des conséquences incalculables sur la santé, l’économie et l’environnement. Ils obstruent des réseaux d’assainissement, aggravant de manière récurrente les risques d’inondations. Les déchets plastiques dégradent profondément les écosystèmes et contaminent progressivement les ressources alimentaires. Mais aussi ils menacent directement la santé publique, exacerbée par un taux de recyclage national estimé entre 1 % et 4 %.
Malgré l’existence d’une mesure adoptée en 2018 contre les plastiques à usage unique, sa portée reste largement entravée par des dérogations répétées, un manque d’application stricte et l’absence d’une véritable responsabilisation des fabricants.
Axes stratégiques de la réforme
Les discussions de cet atelier s’articulent autour de leviers juridiques et économiques déterminants. C’est notamment l’élimination progressive des emballages plastiques à usage non essentiel; la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP) pour forcer l’industrie à assumer le cycle de vie de ses produits; l’instauration d’un système de consigne rigoureux pour les bouteilles en plastique et le déploiement de mécanismes fiscaux écologiques ainsi que le soutien massif aux alternatives de réemploi et de recharge.
« Bien que la RDC ait adopté dès 2018 des mesures strictes interdisant les plastiques à usage unique, leur application demeure insuffisante en raison des nombreuses dérogations qui affaiblissent l’efficacité de cette réglementation. Cet atelier représente une opportunité cruciale… », a indiqué le Professeur Georges Milumbu, Coordonnateur Pays de Greenpeace Afrique en RDC.
Vers un changement de paradigme axé sur l’économie circulaire
Pour Greenpeace Afrique, le traitement des symptômes ne suffit plus : il faut impérativement s’attaquer au problème à la source.

« Les déchets plastiques sont bien plus qu’une simple nuisance visuelle : ils aggravent les inondations depuis plusieurs années et contaminent progressivement notre système alimentaire. Répondre à cette crise exige un leadership politique fort ainsi que des solutions transformatrices qui vont bien au-delà de la simple gestion des déchets », a expliqué Hellen Kahaso Dena, Responsable de la campagne Plastiques pour Greenpeace Afrique.
Avant d’ajouter :
« Les plastiques à usage unique étouffent les rues de Kinshasa et empoisonnent ses communautés. (…) Répondre à cette crise exige un leadership politique fort ainsi que des solutions transformatrices qui vont bien au-delà de la simple gestion des déchets ».
Comme il en est de coutume dans pareilles circonstances, la clôture de ces travaux prévue pour ce vendredi débouchera sur un ensemble de recommandations consensuelles pour guider le Gouvernement congolais dans la révision de sa législation, insuffler une dynamique d’économie circulaire et ouvrir la voie à la création d’emplois verts durables en RDC.
Ruben Ns Mayoni (avec Greenpeace)
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