L’année 2025 s’impose comme l’une des plus sèches de ces trente dernières années pour les cours d’eau du monde entier. Dans un rapport alarmant publié le 17 septembre 2026 à Genève, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) met en lumière un déclin persistant des réserves d’eau douce et une accélération de la fonte des glaciers. Des dynamiques préoccupantes qui font peser de graves menaces sur la sécurité hydrique des populations et la stabilité des économies mondiales.
Le constat dressé par l’institution internationale est sans appel : le cycle hydrologique mondial est devenu erratique, oscillant entre sécheresses chroniques et inondations d’une violence inouïe. Entre 2021 et 2025, le nombre de cours d’eau affichant des débits normaux est tombé à son plus bas niveau depuis 1991, ne représentant plus que 34 % à 38 % des bassins mondiaux, contre une moyenne historique de 46 %.
À l’échelle planétaire, les réserves d’eau terrestres – qui englobent nappes phréatiques, lacs, rivières, humidité des sols et manteau neigeux – s’inscrivent dans une tendance baissière continue depuis la période 2014-2016. Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM, pointe du doigt l’épuisement de ces tampons naturels :
« Nous épuisons nos réserves. Près des deux tiers des puits de nappes phréatiques surveillés dans le monde ont enregistré des conditions hors norme historique en 2025, et le déficit s’est accentué par rapport à l’année précédente ».
Fonte glaciaire généralisée et impacts humains dévastateurs
La crise touche l’ensemble des composantes de la cryosphère. Pour la quatrième année consécutive, toutes les grandes régions glaciaires de la planète ont perdu de la masse. Entre 2023 et 2025, la fonte cumulée a atteint 1 400 gigatonnes d’eau, soit l’équivalent de 560 millions de piscines olympiques. Rien qu’en 2025, la perte s’est élevée à 408 gigatonnes, contribuant à une élévation du niveau de la mer de plus d’un millimètre.
Dans certaines zones abritant des glaciers plus modestes – comme le Caucase ou l’ouest de l’Amérique du Nord -, le seuil critique du débit maximal de fonte semble d’ores et déjà atteint, augurant de graves pénuries en aval. Sur le plan humain, la facture est lourde. L’Asie et l’Afrique concentrent à elles seules au moins la moitié des événements extrêmes recensés et plus de 80 % des décès associés au cours des cinq dernières années.
En 2025, des moussons intenses et des cyclones tropicaux ont frappé l’Asie du Sud et du Sud-Est, causant jusqu’à 3 600 morts. De son côté, le continent africain a subi des inondations majeures à répétition, notamment en République démocratique du Congo et au Nigéria, tandis que d’autres régions comme la Corne de l’Afrique suffoquaient sous une sécheresse persistante.
L’impératif : briser les frontières de la gestion de l’eau

Face à ces bouleversements, l’OMM insiste sur la nature transfrontalière de la ressource. Le recul d’un glacier ou la surexploitation d’un bassin versant dans un pays se répercute immanquablement sur des millions de personnes situées à des centaines de kilomètres de là.
L’organisation appelle ainsi à renforcer d’urgence le partage des données, à harmoniser les normes d’observation et à généraliser les systèmes d’alerte précoce. Une nécessité vitale, alors que les impacts économiques se chiffrent parfois en dizaines de pour cent du PIB pour les nations insulaires et les pays en développement frappés de plein fouet par les catastrophes climatiques.
La place du CRREBaC dans la recherche en eau
C’est ici le lieu de souligner l’importance des centres de recherche sur les questions de l’eau. Et le Centre de recherche en ressources en eau du bassin du Congo (CRREBaC) trouve sa place prépondérante en termes de recherches que cette institution mène dans le bassin du Congo dans le domaine de l’eau.
Il y a quelques semaines de cela, les experts et scientifiques du CRREBaC ont installé des stations hydrométriques dans le bassin du Congo afin de collecter et disposer des données fiables et à jour sur les ressources en eau. Des données hydrologiques indispensables pour guider la prise de décision.
Le rapport de l’OMM sur les ressources en eau vient en effet conforter le CRREBaC dans ses missions de fournir des données sur plusieurs paramètres physico-chimiques des cours d’eau et tourbières de la République démocratique du Congo.
La rédaction
Share this content:
