Au cours d’un atelier national participatif de deux jours ouvert le mardi 27 octobre 2026 à Kinshasa, les parties prenantes venues de plusieurs ministères et services publics et privés, ainsi que de la société civile réfléchissent sur les voies et moyens de doter la République démocratique du Congo, d’un texte juridique susceptible de consacrer l’effectivité de la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables en RDC. Organisé par le ministère des Ressources Hydrauliques et Electricité, en collaboration avec le Centre congolais pour le droit du développement durable (CODED), cet atelier ouvert par Victor Matondo, Directeur de cabinet adjoint du ministre Aimé Molendo Sakombi empêché, a comme objectif général, la validation de l’avant-projet de décret fixant les modalités de mise en œuvre de la transition énergétique et du développement des énergies renouvelables en République démocratique du Congo.
Dans son mot d’ouverture, le Directeur de cabinet adjoint du Ministre de tutelle a souligné que le secteur de l’électricité en RDC n’est pas orphelin. La loi de 2014 telle que modifiée et complétée à ce jour constitue le socle du cadre légal du secteur.
« L’ordonnance-loi du 5 février 2025 est venue renforcer ce dispositif et mieux prendre en compte les enjeux de la transition énergétique. Il nous appartient désormais de préciser les modalités d’application de ce cadre et d’organiser les particularités techniques , économiques et institutionnelles propres aux énergies renouvelables, c’est précisément l’objet de l’avant-projet de décret soumis à notre examen », a déclaré le Directeur de cabinet adjoint Victor Matondo.
Pendant les deux jours, outre l’examen approfondi des articles de l’avant-projet de décret y afférent, les travaux ont porté notamment sur le développement des mini réseaux, le stockage de l’énergie, les mécanismes de financement et de promotion, l’exigence technique et de sécurité ainsi que les perspectives de développement de l’hydrogène vert.
« Nous devons veiller à ce que les dispositions proposées soient juridiquement cohérentes, économiquement réalistes et techniquement applicables », a conseillé Victor Matondo, avant de louer l’initiative du CODED.
Pour ce faire, le Centre congolais pour le droit du développement durable a soumis cet avant-projet de décret à l’examen des experts du ministère des Ressources hydrauliques et électricité, dans le cadre du processus de reforme engagé par le gouvernement, qui prévoit la participation de la société civile aux différentes réformes. C’est dans cette optique que le CODED a saisi la balle au bond afin de se prêter à l’exercice pour apporter sa contribution, particulièrement dans le secteur de l’énergie, pour mettre à la disposition du gouvernement à travers le ministère des ressources hydrauliques, cet avant-projet de décret devant mettre en œuvre la transition énergétique et développer les énergies renouvelables en RDC.
« Nous sommes dans la suite du projet de décret qui avait été discuté avec les parties prenantes sur la réglementation des énergies renouvelables. Il a plu au ministère des ressources hydrauliques et électricité de s’approprier le texte et de l’approfondir davantage pour y intégrer les notions de transition énergétique, de stockage et de mini réseaux. Et nous sommes ici pour la validation de cet avant-projet de décret avec les différentes parties prenantes représentées par différents ministères pour améliorer le texte, recevoir les critiques des parties prenantes qui correspondent à ce qui est attendu », a souligné Me Érick Kassongo, Directeur exécutif du CODED.
Richesse en biodiversité, richesse énergétique

A en croire le Directeur exécutif du CODED, la richesse de la biodiversité du pays rime avec la richesse énergétique. Et le développement durable est possible pour la RDC qui est capable de développer plusieurs sources d’énergies propres.
« La position de la RDC par rapport à l’équateur constitue un atout pour développer les énergies solaires, notre hydrographie est riche avec plusieurs rivières, lacs, fleuve et autres ; bref nous baignons dans des sources renouvelables multiples qui, une fois développées dans leur pleine capacité, peuvent permettre de combler ce gap de déficit que nous avons aujourd’hui et accroître l’accès à l’électricité pour tout le pays », a indiqué Me Érick Kassongo.
Les prochaines étapes après cet atelier de validation de l’avant-projet de décret consisteront ainsi à affiner le texte article par article par un comité de rédaction ad hoc pour intégrer toutes les améliorations afin d’apprêter le texte pour sa présentation au conseil des ministres.
Par cette initiative, le CODED aura gagné son pari d’apporter une contribution significative dans le secteur énergétique de la République démocratique du Congo, qui doit montrer l’exemple dans le domaine de transition énergétique et le développement des énergies renouvelables qui contribuent tant à la lutte contre le changement climatique qu’à la préservation de l’environnement.
Ruben Ns Mayoni
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