Des centaines de scientifiques observent chaque jour qui passe l’évolution du climat pour constituer un outil d’aide à la décision en faveur des autorités politiques. Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), comme c’est de lui qu’il s’agit, alerte sur l’état de santé de notre planète, malgré le scepticisme de certains responsables politiques.
À l’occasion des travaux de la 30ème Conférence des Parties (CoP30) sur le climat qui se tient à Belém au Brésil, plusieurs side events se tiennent au même moment. C’est le cas du side event consacré à l’initiative science pour le bassin du Congo, de l’anglais Congo basin science initiative (CBSI).
Le Professeur Raphaël Tshimanga, Coprésident de CBSI s’est dit très satisfait de la tenue de ce side event dont l’objectif est de faire avancer la science dans le bassin du Congo.
« Nous sommes très contents qu’aujourd’hui, que ce soit les secteurs privés, les scientifiques eux-mêmes, les décideurs, sont parvenus à comprendre qu’ils ne peuvent pas avancer sans la science et que la prise de décision doit être basée sur les évidences et non sur les opinions », a souligné le professeur Raphaël Tshimanga dans une interview accordée à nos confrère d’Environews.
Initiative indépendante des scientifiques de la région du bassin du Congo, en collaboration avec les scientifiques internationaux, CBSI s’inspire du modèle du bassin de l’Amazonie, où pendant quelques dix ans avec le programme Large-scale Biosphere Atmosphere (LBA) experiment, 6000 chercheurs ont été formés de niveau master et doctorat.
L’expérience à grande échelle biosphère atmosphère (LBA), vaste initiative de recherche internationale centrée sur l’Amazonie, étudie le fonctionnement du système amazonien et l’impact des changements d’utilisation des terres (déforestation, agriculture, etc.) sur son rôle dans le climat régional et mondial, en se concentrant sur des aspects comme le cycle du carbone, l’hydrologie, et la chimie atmosphérique. L’expérience utilise des satellites, des capteurs et des mesures au sol pour recueillir des données.
La science au service du climat
Pour le professeur Raphaël Tshimanga, les politiques et stratégies dans le bassin de l’Amazonie sont basées sur les évidences scientifiques, la science étant utilisée par les décideurs comme soubassement de leurs décisions.
Alors qu’en Amazonie on compte 6000 scientifiques, les estimations actuelles dans le bassin du Congo montrent qu’il n’y a que 110 scientifiques actifs qui produisent des données ou des informations.
« Les scientifiques de la région ont mis en place l’Initiative Science pour le Bassin du Congo (CBSI), une initiative qui se focalise sur le renforcement des capacités et la science », a indiqué le Coprésident de CBSI.

Modèle scientifique du bassin du Congo
Malgré le nombre limité des scientifiques, l’Initiative science pour le bassin du congo a mis sur pied un modèle scientifique basé sur six observatoires. Il s’agit notamment de l’observatoire climat et météorologie; l’observatoire hydrologie et eau douce; l’observatoire biodiversité; l’observatoire végétation, sol et carbone; l’observatoire occupation des sols et enfin l’observatoire des systèmes socio-économiques.
Pour avancer dans la bonne direction, une collaboration étroite est plus que nécessaire entre les trois bassins tropicaux du monde.
« Aujourd’hui, nous voulons établir une collaboration, une coopération étroite entre les trois bassins tropicaux du monde, le Bornéo-Mékong, l’Amazonie et le bassin du Congo », a fait remarquer le professeur Raphaël Tshimanga, Directeur de l’Ecole régionale de l’eau (ERE) de l’université de Kinshasa et du Centre de recherche en ressources en eau du bassin du Congo (CRREBaC).
Toutefois, le professeur Tshimanga s’interroge sur la base équitable de ce partenariat, compte tenu de l’absence de scientifiques actifs dans le bassin du Congo, alors qu’ailleurs ils sont des milliers qui travaillent en étroite collaboration avec leur gouvernement.
D’où la préoccupation de l’initiative science pour le bassin du Congo de renforcer en connaissances les scientifiques et de nouer des partenariats stratégiques avec d’autres scientifiques.
Ruben Ns Mayoni
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