Dans le tumulte feutré des salles de négociation de la COP30, où se joue une partie de l’avenir climatique de la planète, certains acteurs défendent des projets concrets, aux résultats mesurables mais qui divisent. C’est le cas du Professeur Jean-Robert Bwangoy, directeur général d’ERA Congo, qui, lors d’une interview accordée depuis Belém (Brésil), revient sur sa présentation effectuée autour du projet REDD+ Mai-Ndombe.
Face à la communauté internationale, le discours de Jean-Robert Bwangoy est celui des faits. « Nous avons présenté les résultats pour que ces résultats puissent parler d’eux-mêmes », affirme-t-il. Des chiffres qui, en effet, interpellent : son initiative aurait permis une « réduction de la déforestation nette allant jusqu’à 4200 hectares par an ». Un résultat significatif qui s’accompagne d’un reboisement inattendu. « Des zones de savane ont été reboisées en 3 ans-4 ans », précise-t-il, un succès qu’il attribue en partie à des « précipitations abondantes » ayant favorisé la régénération.
Si le projet est « très aimé par la communauté », il est aussi « détesté par les autres », sans que le Professeur Bwangoy ne s’étende sur l’identité de ces détracteurs. Cette polarisation n’entame pas sa détermination. Dans un contexte de marché carbone atone – « pratiquement plus existant depuis 2022 » selon ses termes -, le directeur général d’Era Congo assure que les perspectives commerciales sont bonnes. « Nous avons toujours un acheteur » qui « va nous accompagner jusqu’au bout », affirme-t-il, précisant que les négociations pour la vente des crédits carbone se mènent directement avec le gouvernement congolais.
Lors d’un entretient après son exposé, Jean-Robert Bwangoy à révélé que la prochaine étape pour le projet serait la vérification indépendante prévue en février sur les sites de Businga et Bikoro. Ce audit permettra de certifier les stocks de carbone, dont le site de Businga représenterait à lui seul environ 1,8 million de tonnes.
Alors que les négociations se poursuivent à Belém jusqu’à ce vendredi 21 novembre, le projet REDD+ Mai-Ndombe se présente ainsi en symbole des défis de la conservation et de développement durable : des résultats tangibles, mais une acceptation qui reste contrastée sur le terrain.
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