« Contribuer à l’émergence du droit de l’environnement dans les universités de la RDC ». Tel était l’objectif de la séance de présentation de la troisième phase des procès fictifs en droit de l’environnement, organisée ce lundi 17 novembre à Kinshasa par l’ONG Juristes pour l’Environnement au Congo (JUREC).
Cette troisième phase a réuni des étudiants en droit de dix universités congolaises : Université de Kinshasa (UNIKIN), Université catholique au Congo (UCC), Université catholique cardinal Malula (UCCM), Université protestante au Congo (UPC), Université pédagogique nationale (UPN), Université Simon Kimbangu (USK), Université Technologique bel campus (UTBC), Université libre de Kinshasa (ULK), Université Révérend Kim (URKIM) et l’Université William Booth (UWB).
En collaboration avec le ministère de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC), JUREC vise à sensibiliser les futurs juristes aux questions environnementales, à susciter leur intérêt pour ce domaine et à promouvoir une nouvelle génération de spécialistes en droit de l’environnement.
Me Kevine Bombenga Ekosa, membre de JUREC, a expliqué le processus.
« Nous avons choisi aléatoirement 10 universités, lesquelles ont pris part à la phase préliminaire consistant en des exposés sur des thématiques environnementales définies. Ensuite, elles s’affronteront lors de « battles » simulant un procès, avec une partie accusatrice et une partie défenderesse. »
Composé de deux jurys évaluant les plaidoyers basés sur des cas réels, cet exercice a permis aux étudiants d’aborder plusieurs thématiques dans leurs mémoires : pollution de l’air et du sol, changement climatique, trafic illicite d’espèces protégées, exploitation pétrolière illicite, prolifération des stations-service, destruction des forêts, et droits des personnes vulnérables.

Le retour d’expérience des participants
Jean Chansard Ngoma Mbungu, étudiant en droit à l’UCC, partage son apprentissage : « Nous avons joué deux rôles. D’abord, nous avons représenté une communauté souffrant de la pollution de l’eau par des déchets abandonnés. Ensuite, nous avons défendu l’entreprise accusée. »
Et d’ajouter : « les leçons retenues sont cruciales : une entreprise de recyclage doit prendre des précautions pour que ses déchets ne nuisent pas aux communautés locales, la vie humaine étant primordiale. Cependant, il faut aussi reconnaître que certaines catastrophes naturelles, comme des pluies diluviennes créant des inondations, peuvent constituer des cas de force majeure. »
Julia Sakenze, étudiante à l’Unikin, salue cette initiative : « le droit de l’environnement est un droit nouveau parfois négligé, alors que c’est un droit quotidien que nous vivons tous. Ces pratiques techniques nous ont permis de mieux comprendre ce que recouvrent les droits de l’environnement. »

À l’issue de cette phase, seules huit universités poursuivront l’aventure, William Booth et UCCM étant éliminées. Les quarts de finale opposeront : UPN contre UPC sur la pollution des eaux – mines et hydrocarbures, URKIM contre UNIKIN sur la criminalité faunique, UTBC contre UCC sur les droits des communautés locales et peuples autochtones, ULK contre USK sur l’assainissement en milieu urbain
Pour cette initiative formatrice, l’ONG JUREC a été accompagnée par les cabinets DBZ Conseil, LM Conseil Law Form, Cabinet Kapuya, CEDEC et CIEDD.
Pour rappel, la première phase de procès fictifs en droit de l’environnement a été lancé le 5 juin dernier, à l’occasion de la Journée internationale de l’environnement 2025.
Bertin Al-bashir
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