L’ONG Juristes pour l’environnement au Congo (Jurec) est en train de gagner son pari dans la contribution à l’émergence et à la sensibilisation du droit de l’environnement en République démocratique du Congo. À travers son projet « procès fictifs en droit de l’environnement » lancé le 5 juin 2025, Jurec organise le 2 décembre prochain, la finale de cette compétition de talent oratoire consacré aux procès simulés en droit de l’environnement.
Des dix universités de Kinshasa au départ, deux vont s’affronter en finale : l’Université catholique du Congo (UCC) contre l’Université protestante au Congo. Qui des catholiques et des protestants vont l’emporter ? Telle est la grande énigme.
Déjà ce 28 novembre lors des demi-finales, l’UCC a eu raison de l’Université Simon Kimbangu (USK) sur la criminalité faunique, et l’UPC a marché sur l’Université de Kinshasa (Unikin) sur le changement climatique.
Enthousiasmés, les étudiants en droit, futurs avocats spécialisés en droit de l’environnement louent les efforts de Jurec dans cette initiative, à l’instar de Dominique Djonga, étudiant à l’Unikin.
« Dans notre plaidoirie, nous avons représenté l’État de Somba accusé devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour avoir causé des dommages climatiques transfrontaliers dans l’État de Kilajo. Nous avons défendu notre client en nous basant sur la Convention sur la diversité biologique qui laisse la latitude aux États d’organiser leur politique interne en ce qui concerne la gestion de leurs ressources naturelles. Nous avons également fait référence à la résolution 1803 des Nations unies qui reconnaît la souveraineté permanente des États sur les ressources naturelles… ».
« Nous constatons que ces procès fictifs jouent un grand rôle en ce qui concerne l’émergence même et la vulgarisation des normes environnementales dans notre pays, dès lors que le droit de l’environnement est un droit nouveau, pour lequel beaucoup de personnes n’ont pas encore une connaissance approfondie. Ainsi le projet procès fictifs permet à la population de mieux cerner les notions du droit de l’environnement. C’est un bon projet que les autorités doivent soutenir pour son émergence », a ajouté Julia Sakienza, une autre étudiante de l’Unikin.
Pour sa part, Augustin Loango, étudiant en droit à l’USK, « c’était une joie de prendre part à ces procès fictifs qui consacrent l’émergence du droit de l’environnement en RDC, pour évoquer la criminalité faunique en démontrant comment il faut conserver la nature, notamment la protection de la faune ».
« C’est une étape qui a été caractérisée par une intensité en termes de match, il y a eu de la pertinence avec des moments de débats très forts, chacune des équipes ayant donné le meilleur d’elle-même en termes de plaidoirie, d’arguments et même de preuves. Par rapport aux matches précédents, nous sentons que le niveau est en train de monter tout en tenant compte des observations des membres du jury », a laissé entendre Emmanuel Dumbu de l’UPC, qui est passée en finale.

Me Félix Credo Lilakako, Président du conseil d’administration de Jurec, a félicité tous les étudiants qui ont pris part à cet exercice, en les invitant à s’imprégner réellement du droit de l’environnement.
« Pour nous, l’essentiel n’était pas seulement d’assister à l’art oratoire que vous avez, mais c’est surtout d’aller au-delà, d’ajouter l’aspect environnemental, mieux le droit de l’environnement. Le résultat de ce jour devrait seulement refléter un esprit de compétitivité, mais pas forcément la connaissance du droit de l’environnement », a souligné Me Félix Credi Lilakako.
Et d’ajouter: « la publication des résultats est un bon moment pour les uns et un mauvais pour les autres. Mais pour nous, les deux moments comptent, car ces résultats nous préparent à une autre compétition, mais le collectif demeure le même, étant donné que nous sommes en train de voir quel peut être l’aspect de l’employabilité de tous les jeunes de l’équipe », a promis le PCA de Jurec.
C’est Osborn Ndomba, en sa qualité de Procureur qui a proclamé les résultats de la finale qui opposera l’UCC, partie demanderesse, à l’UPC, partie défenderesse. Un duel qui s’annonce palpitant sur le terrain de l’art oratoire consacré à la « pollution minière ».
Signalons qu’après cette première phase qui concerne les universités de Kinshasa, le projet procès fictifs en droit de l’environnement va s’exporter à l’intérieur du pays, en commençant par le Haut-Katanga ( Lubumbashi) et le Kongo central (Matadi).
Ruben Ns Mayoni
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