Dans une note de position adressée le 28 novembre 2025 à la ministre de l’Environnement, développement durable et nouvelle économie du climat, le Regroupement des Organisations de la Société Civile environnementale en RDC, s’indigne profondément et exige de mesures urgentes après le rapport de la CITES, suite à la dégradation alarmante du système national de conservation de la Biodiversité du bassin du Congo en RDC.
« Nous disons non à la crise dans la gouvernance actuelle de la Biodiversité d’importance mondiale du Bassin du Congo en RDC par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) », soulignent les auteurs de la note de position.
Face à ce qu’elle qualifie de « dérive manifeste, institutionnalisée, persistante et désormais documentée au niveau national et international dans le système national de la gouvernance actuelle de la conservation de la biodiversité en RDC », la société civile environnementale s’appuie non seulement sur des faits graves et répétés observés sur le terrain, mais également sur les constats officiels issus du dernier rapport du Secrétariat de la CITES concernant la République Démocratique du Congo.
Les acteurs de la Société civile environnementale congolaise rappellent les textes juridiques concernant les engagements de la RDC en matière de conservation, le cas de la Constitution du pays, la Loi relative à la conservation de la nature, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et les résolutions applicables de la CITES.
Les faits
Dans sa note de position, la société civile énumère plusieurs faits, notamment les transferts d’animaux sans traçabilité conforme, impliquant des tarifications illégales (250 USD par tête pour certaines espèces) ; le refus régulier par l’ICCN de remettre les espèces saisies aux sanctuaires accrédités en RDC (réseau PASA) ; l’opacité autour des projets de réhabilitation des zoos, notamment en ce qui concerne les fonds Frivao et Vantara.
Il s’agit également des conflits d’attribution et rivalités institutionnelles entre ICCN et Corps PPN, créant une gouvernance chaotique dans la protection des aires protégées et conservation de la biodiversité.
L’implication dans l’exploitation minière illégale dans des zones protégées, souvent par des sociétés chinoises, avec complicité implicite ou explicite de certains services (cas du Parc National de la Garamba et de la Réserve de faune à Okapi) ainsi que des transferts incontrôlés d’espèces de Grands Singes depuis janvier 2025 ( au Sud-Kivu, Kisangani, Kinshasa, Sankuru).
« Cette situation révèle un effondrement institutionnel et juridique de notre système de conservation. Le peuple congolais ne peut accepter que nos engagements constitutionnels, légaux et internationaux soient foulés aux pieds à cause des intérêts partisans pendant que nos espèces emblématiques ne contribuent plus à notre développement en faveur des populations autochtones et des communautés locales. Ces actes illicites causant des dommages graves à l’environnement doivent faire l’objet de poursuites judiciaires à titre d’écocide, en vertu du droit national et international », peut-on lire dans la note de position.
Recommandations

Parmi les recommandations formulées par les acteurs de la Société Civile Environnementale, il s’agit entre autres d’adopter un Moratoire immédiat sur tous les contrats en cours (Vantara, Qatar et union européenne) jusqu’à un audit complet de conformité ; mener une enquête urgente et indépendante sur tous les faits soulevés et documentés selon le rapport de la CITES et clarifier officiellement le MoU entre ICCN-Vantara, sur la base légale, le contenu et les conditions d’exécution, sous la supervision des parlementaires.
Signalons que cette action est menée en collaboration avec Congo Basin Conservation Society CBCS-Network, un réseau sentinelle membre de la Société Civile Environnementale SOCEARUCO RDC, regroupant les mouvements des défenseurs environnementaux locaux, de la justice climatique, de la transition agroécologique et transition juste, composé des organisations des jeunes, des organisations des peuples autochtones pygmées et des organisations communautaires de base dénommées, « the friends of nature and biodiversity » ou les « amis de la nature et de la biodiversité ».
Font également partie de CB, les confessions religieuses, les organisations des femmes, des agriculteurs, des pêcheurs, des fermiers, des entrepreneurs verts, des conservateurs et des scientifiques venant des universités de renommée en RDC.
Pour lire l’entièreté de la note, prière cliquer ici.
Ruben Ns Mayoni
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