À Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, la pollution environnementale et atmosphérique a atteint un niveau alarmant dans de nombreux quartiers. Le cimetière de Kintambo, situé dans le quartier Congo, commune de Ngaliema, illustre de façon frappante la précarité dans laquelle les Kinois sont plongés face à l’insalubrité urbaine.
Censé être un lieu de recueillement, ce cimetière s’est transformé en dépotoir sauvage où les habitants des quartiers environnants déversent leurs déchets ménagers. Des tombes sont entourées de montagnes d’immondices, une situation qui met en danger la santé publique sans inquiéter les autorités.

Le phénomène se produit à quelques mètres seulement du bureau du quartier et du poste de police. Selon des habitants interrogés, ces dépôts sauvages ont souvent lieu tard dans la nuit, et seraient le fait de riverains.

Face à l’inaction des autorités provinciales, certains Kinois ont pris l’initiative – aussi problématique soit-elle – d’improviser des dépotoirs dans des lieux inappropriés. D’un côté, la population peine à respecter les règles élémentaires de civisme en désacralisant l’espace des morts ; de l’autre, l’État semble absent dans sa mission de protection de l’ordre public et de l’environnement.
Entre négligence institutionnelle et incivisme citoyen, la ville continue de se dégrader. Si chaque partie a sa part de responsabilité, celle des pouvoirs publics reste essentielle pour enrayer cette dynamique destructrice.

Des êtres humains, pourtant appelés à protéger leur cadre de vie, en viennent ainsi à polluer leur propre environnement. Faut-il y voir le signe d’une société où l’indifférence l’emporte sur le sens du bien commun ?
Bertin Al-bashir
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