Dans une décision aux ramifications mondiales, le gouvernement américain a officiellement lancé, par un mémorandum présidentiel, un retrait massif et un coup d’arrêt financier à une soixantaine d’organisations internationales, dont de nombreuses sont dédiées à la lutte contre le changement climatique, la protection de la biodiversité et le développement durable. Cette directive, qui suit un décret exécutif de février 2025, frappe de plein fouet l’écosystème du soutien international aux pays en développement, avec des conséquences particulièrement alarmantes pour des pays comme la République Démocratique du Congo (RDC), où la société civile environnementale survit largement grâce à ces canaux.
Le document, adressé à tous les départements et agences fédérales, ordonne la cessation immédiate de la participation et du financement des États-Unis aux entités listées. Parmi les cibles figurent des institutions scientifiques et politiques de premier plan : le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la Plateforme sur la biodiversité (IPBES), l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Au sein du système des Nations Unies, la saignée est tout aussi significative : le Programme des Nations Unies pour l’environnement (ONU Environnement) et la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) – l’instance qui gère les accords de Paris – sont explicitement visés, tout comme des programmes opérationnels cruciaux comme le Programme collaboratif des Nations Unies sur la réduction des émissions liées à la déforestation (UN-REDD).
Pour certains activistes environnementaux congolais, les programmes UN-REDD et les financements liés au Fonds pour l’environnement mondial (GEF), souvent administrés via ces structures, sont des sources vitales. Leur réduction ou disparition fragiliserait non seulement la protection de la forêt du bassin du Congo – un puits de carbone critique pour la planète – mais aussi la survie institutionnelle des organisations de la société civile environnementale (OSC) qui en sont les gardiennes.
La porte reste ouverte pour une réintégration des États-Unis à l’avenir

Réagissant au sujet du retrait des États-Unis, le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Simon Stiell a déclaré que ce retrait nuira à l’économie de la CCNUCC.
« Les États-Unis ont joué un rôle déterminant dans la création de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et de l’Accord de Paris, car ces deux accords servent pleinement leurs intérêts nationaux. Alors que toutes les autres nations avancent ensemble, ce dernier recul en matière de leadership mondial, de coopération climatique et de science ne peut que nuire à l’économie, à l’emploi et au niveau de vie des États-Unis, alors que les incendies, les inondations, les méga-tempêtes et les sécheresses s’aggravent rapidement. Il s’agit d’un énorme autogoal qui rendra les États-Unis moins sûrs et moins prospères », a-t-il déclaré
Et de poursuivre : «ONU Climat continuera à travailler sans relâche pour aider tous les peuples du monde à partager les immenses avantages de la coopération climatique dans le cadre de la Convention et de l’Accord de Paris, alors que la transition mondiale continue de s’accélérer et de prendre de l’ampleur. La porte reste ouverte pour que les États-Unis puissent réintégrer le processus à l’avenir, comme ils l’ont fait par le passé avec l’Accord de Paris. Dans le même temps, l’ampleur des opportunités commerciales dans les domaines de l’énergie propre, de la résilience climatique et des technologies électriques avancées reste trop importante pour que les investisseurs et les entreprises américains puissent l’ignorer. »
Bertin Al-bashir
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