Le processus d’élaboration de la Politique Forestière Nationale (PFN) en République Démocratique du Congo, une feuille de route essentielle pour le secteur Environnement et Développement Durable (EDD), suscite de vives interrogations et des craintes de dérive au sein de la société civile. C’est le cas de Joseph Bobia, un acteur clé du secteur, qui interpelle directement les autorités sur des incohérences qui, selon lui, menacent la crédibilité et l’aboutissement du processus.
La PFN est une pièce maîtresse devant guider la gestion durable des forêts congolaises. Son adoption par le gouvernement est également considérée comme un préalable indispensable à la révision du Code forestier, un texte cadre vieillissant dont la modernisation est réclamée de toutes parts.
Dans ses questions, le patriarche Bobia rappelle la contribution active de la société civile, dont les données ont été transmises à la Cellule de rédaction. Il s’interroge cependant sur la localisation du « draft amélioré finalisé » après les consultations menées en provinces avec l’appui du Groupe de Travail Forêt (GTF). « Où se trouve le draft ? », demande-t-il, exprimant une attente légitime de transparence.
Selon lui, l’attente principale de la société civile était une « rencontre nationale de validation » fin 2025, étape clé avant soumission au gouvernement. Cet horizon semble aujourd’hui compromis par l’émergence d’initiatives parallèles. Joseph Bobia pointe du doigt des consultations menées par le GTCRR et le CODELT dans des provinces comme le Lualaba, le Kasaï-Central et la Mongala.
« Est-ce que DGFOR, PGDF et Cellule de rédaction de PFN, vous n’avez pas été dans ces zones ciblées… ou vos consultations provinciales n’étaient que de façade ? », interroge-t-il, soulignant un risque de doublon et de dilution des efforts.

Pour lui, cette multiplication des initiatives s’accompagne d’une prolifération de versions du document.
« Des versions du document PFN circulent… On perd donc la boussole ! », alerte M. Bobia, craignant une fragmentation préjudiciable à l’établissement d’une vision nationale unifiée.
D’après cet acteur de la société civile environnementale, les conséquences de ces retards et de cette confusion sont directes.
« Comment nous engager à la révision précipitée du Code forestier si le document de PFN n’est pas validé ? », s’inquiète l’expert. Ce blocage maintient le secteur EDD dans une situation de faiblesse institutionnelle, alors que d’autres secteurs connexes, comme l’Aménagement du Territoire, auraient déjà bénéficié du partenariat REDD+ pour réformer leur cadre légal.
« Comment remettre de l’ordre dans le processus ? », plaide enfin Joseph Bobia, appelant la Direction Générale des Forêts (DGFOR) et le Ministère à prendre leurs responsabilités pour clarifier le calendrier, harmoniser les démarches et garantir une validation inclusive et crédible du document.
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