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Dans l’optique d’inciter les jeunes à créer des projets et à bénéficier d’un accompagnement technique et financier, une conférence-débat sur l’entrepreneuriat vert, les métiers verts et les emplois verts s’est tenue ce vendredi 27 février, au siège de l’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP) à Kinshasa. Placée sous le thème « Adaptation au changement climatique dans le monde du travail et promotion des emplois verts », cette rencontre a été organisée par l’ONGD 100 Jeunes pour le développement du Congo, en collaboration avec l’INPP et le Pulitzer Center. L’objectif est de renforcer l’engagement des jeunes dans la lutte contre le changement climatique et dans la promotion des métiers verts.
Depuis octobre 2025, la République Démocratique du Congo a officiellement répertorié 84 métiers verts, répartis en 11 familles, dans le cadre d’un plan visant à former 100 000 personnes d’ici 2030. Ces métiers couvrent des domaines stratégiques tels que l’agriculture durable, la gestion forestière, les énergies renouvelables et la gestion des déchets. Soutenus par un arrêté interministériel, ils visent à créer des emplois, accélérer la transition écologique et lutter contre le changement climatique.
C’est dans ce contexte qu’une centaine de jeunes, venus de plusieurs communes de Kinshasa et issus de diverses disciplines, se sont réunis à l’INPP pour échanger sur ces thématiques et identifier des porteurs de projets verts qui bénéficieront d’un accompagnement dans les prochains jours.
Pour explorer ce concept innovant, trois panels ont été programmés notamment, justice climatique et monde du travail ; entrepreneuriat vert, moteur de développement socio-économique et de conservation de la nature ; partenariat privé-public pour la conservation de l’environnement et le développement de l’écotourisme, avec un partage d’expériences sur les métiers verts en RDC.
Grâce au partenariat entre l’ONGD 100 Jeunes et l’INPP, plusieurs jeunes porteurs de projets verts bénéficieront d’un accompagnement technique pour développer et pérenniser leurs initiatives.
Dieu Merci Diavangama Dinakoko, coordinateur de l’ONG 100 Jeunes, a précisé les contours de cet appui.
« Les jeunes qui ont soumis leurs projets travaillent déjà dans le domaine de la protection de l’environnement, notamment dans la fabrication de pavés écologiques ou de braises écologiques. Ils ont besoin d’un appui pour structurer et consolider leurs activités. Au-delà des porteurs de projets, nous voulons sensibiliser les autres jeunes présents afin qu’ils comprennent ce que sont les métiers verts et qu’ils s’y engagent. Cette sensibilisation s’appuie sur le Plan national de développement des emplois verts validé par la RDC, qui définit les différents métiers concernés », a-t-il précisé.
Il a ajouté : « Les jeunes commenceront par être formés par l’INPP aux métiers verts, mais aussi aux mécanismes de montage de projets. »
Idriss Mufuka Kudiye, expert en énergies renouvelables et sous-directeur chargé de la formation professionnelle à l’INPP-Kinshasa, a souligné le rôle de son institution dans la vulgarisation des métiers verts.

« En tant qu’acteur clé de la qualification professionnelle, l’INPP s’est assigné l’objectif de vulgariser l’approche des métiers verts et d’accompagner les entreprises déjà engagées dans ce secteur. Avec le Pulitzer Center, nous avons réuni une centaine de jeunes autour de cette thématique, afin d’échanger et d’identifier des porteurs de projets verts qui seront accompagnés dans les prochains jours », a-t-il déclaré.
Réduire le chômage par les métiers verts
Interrogé sur la lutte contre le chômage, Idriss Mufuka a exprimé sa conviction que les métiers verts constituent un levier majeur pour l’emploi des jeunes.

« Notre pays fait face à un chômage élevé. Nous pensons pouvoir le réduire par le transfert de compétences, car les métiers constituent aujourd’hui un véritable levier de développement économique. Le secteur de l’environnement représente une réelle opportunité de création d’emplois. Les jeunes peuvent se former en agriculture durable, en reforestation ou encore dans la valorisation des déchets. Nous ne nous limitons plus au transfert de compétences techniques. Nous intégrons désormais des compétences d’appui, notamment en entrepreneuriat, dans tous nos modules de formation », a-t-il expliqué.
L’expert a également insisté sur l’importance d’adapter les formations aux spécificités de chaque province.
« Chaque province a ses réalités. Nos programmes sont contextualisés en fonction des besoins du marché de l’emploi et des contraintes locales. La priorité des compétences dépend des besoins du marché. Notre approche consiste à adapter la formation aux réalités économiques concrètes du pays », a-t-il conclu.
Cette conférence a également été l’occasion de rappeler la présentation, lors de la COP30, d’un répertoire des métiers verts, instrument clé de mise en œuvre du Plan national des emplois verts à l’horizon 2030. Ce plan prévoit la création de 5 000 emplois verts en RDC, confirmant la volonté du pays de faire de la transition écologique un vecteur de développement économique et social.
Bertin Al-bashir
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