Une formation sur l’utilisation des outils de gestion des déchets issus des unités fluviales a été organisée jeudi 25 juin, par la Commission Internationale du bassin Congo Oubangui Sangha ( CICOS) faisant suite à la remise officielle des équipements hydrométriques et outils de gestion des déchets issus des unités flottantes.
La Secrétaire Générale de la CICOS a, à l’occasion, rappelé que la gestion des déchets issus des activités de navigation intérieure constitue aujourd’hui un défi majeur pour les États membres de la CICOS, dont les pratiques ont des conséquences graves sur l’environnement, la biodiversité, la qualité de l’eau, ainsi que sur la santé des populations et la durabilité des activités de transport fluvial. Elles appellent donc à une action collective, structurée et urgente.
« Face à cette situation, il est impératif de promouvoir une gestion responsable, harmonisée et durable des déchets dans l’ensemble de l’espace CICOS. C’est dans cette optique que la CICOS, avec l’appui du Projet d’Appui à la Réglementation, à la Facilitation, à la Sécurisation et à la Durabilité du transport fluvial dans le bassin du Congo (PARFSED), financé par l’Union Européenne, a élaboré et fait adopter plusieurs instruments réglementaires. Il s’agit notamment de la Directive sur la gestion des déchets, du Règlement commun relatif à la collecte et au dépôt des déchets huileux et graisseux, ainsi que du modèle de carnet de contrôle des huiles usagées », a fait remarquer Dr Marie-Thérèse ITONGO.
« Ces outils officiellement remis aux autorités de la RDC hier, visent à assurer la traçabilité des déchets, à renforcer la responsabilité des acteurs et à garantir le respect des normes environnementales. Toutefois, leur efficacité dépend essentiellement de leur appropriation et de leur mise en œuvre effective par l’ensemble des parties prenantes », a-t-elle renchéri.
Elle a par la suite exhorté les parties prenantes à la responsabilité et au respect strict des réglementations en vigueur.
« La réussite de cette initiative repose sur la responsabilité collective de tous les acteurs. Les États doivent ainsi veiller à l’application des réglementations en vigueur, les armateurs doivent respecter les exigences environnementales, et les exploitants doivent garantir des services efficaces en matière de collecte et de traitement des déchets », a relevé la Secrétaire générale de la CICOS.
Elle a salué l’engagement de l’ensemble des partenaires techniques et financiers, en particulier l’Union Européenne, pour son appui constant à travers le financement du PARFSED.
Dr Marie-Thérèse ITONGO a enfin formulé le vœu que les travaux qui se dérouleront soient fructueux, enrichissants et porteurs de résultats concrets pour l’amélioration de la gestion des déchets dans notre espace.
Pour sa part, Arnold KOSIA, Représentant le Vice-premier ministre et ministre des Transports, Voies de Communication et Désenclavement empêché, a invité les participants à une bonne appropriation des enseignements.
« Je nous invite tous à une bonne participation et appropriation de tout ce qui sera dit ici, en vue d’une meilleure restitution sur le terrain, ce qui constitue un gain pour ceux qui attendent utiliser ces outils sur nos voies navigables », a conseillé Arnold KOSIA, Conseiller chargé du secteur fluvial au ministère des transports.
Modules de formation

Quatre modules ont été dispensés lors de cette formation. Il s’agit de : Principaux outils de gestion des déchets devant exister à bord de l’unité fluviale dans l’espace CICOS (Module 1); Présentation du règlement CICOS relatif à la collecte, au dépôt et à la réception des déchets huileux et graisseux survenant de l’exploitation des unités fluviales (Module 2); Présentation du Carnet de contrôle des huiles usagées (Module 3); Travaux pratique : comment remplir un carnet de contrôle des huiles (remplissage simulé d’une fiche de dépôt (Module 4a) et Gestion des cuves (bonbonnes) de récupération des huiles usagées (caractéristiques, procédure de récupération et de manipulation des huiles) et démonstration pratique (Module 4).
Deux groupes de travail ont été constitués et ont expérimenté l’usage des outils à travers des exercices de simulation. La CICOS a fait sa part en renforçant les capacités des parties prenantes, quitte à ces dernières de faire la leur en appliquant les notions apprises sur le terrain afin de protéger les cours d’eau de la zone CICOS de toute pollution liée aux déchets issus des unités fluviales.
Satisfaction des participants
Les participants de leur côté n’ont pas caché leur satisfaction pour avoir été conviés à cette session de formation.
« Nous avons appris beaucoup de choses sur la protection de l’environnement, l’assainissement des cours d’eau et comment gérer nos déchets. Ç’a été fructueux et nous en sommes reconnaissants tout en félicitant la CICOS pour l’organisation de cette session qui a permis de vulgariser certaines manières qui ne sont pas mises en pratique en RDC, en normalisant la gestion des déchets issus des unités flottantes », s’est réjoui Jerry Badibanga, Président de l’Association des tenanciers des ports privés du Congo.
Pour Sonia Monnens Wangaji, Présidente de l’Association des Armateurs, Gérants et Canotiers de Kinshasa (AAGCK), la formation est tombée à point nommé.
« Cet atelier a permis de sensibiliser davantage sur les bonnes pratiques à avoir dans ce secteur. Cela a un impact inévitable sur les écosystèmes et l’environnement. Donc il était important pour nous de sensibiliser là-dessus et d’en prendre conscience », a-t-elle indiqué.
Et d’ajouter: « L’atelier a permis de voir les outils à notre disposition et de poser des questions pour savoir que ferons-nous si nous avons ces outils et ainsi mettre davantage un point d’honneur sur la sensibilisation pour avancer, et aider la CICOS dans son travail sur le terrain », a martelé Sonia Monnens Wangaji Présidente de l’AAGCK.
« Cette formation s’organise au moment où l’environnement fait l’objet d’une forte sollicitation de pollution, nos cours d’eau et fleuve n’en sont pas exemptés. C’est ainsi que la CICOS y a travaillé en mettant sur pied un règlement commun pour les pays de la zone CICOS sur la gestion des déchets issus des unités fluviales. En tant qu’utilisateurs des cours d’eau à travers nos unités flottantes qui polluent, il était important que nous prenions la mesure de cet impact sur l’environnement pour prendre des engagements responsables qui se traduisent par des actions et mécanismes appropriés sur la gestion des déchets afin de ne pas les déverser sur les eaux (…) », a souligné Amédée Nze Yoka, Président des Armateurs du Congo.
Comme il en est dans pareilles circonstances, un rapport final a été produit et des recommandations formulées par les participants afin de coller l’utile à l’agréable.
Ruben Ns Mayoni
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