Alors que le trafic d’espèces sauvages continue de sévir comme la quatrième plus grande activité criminelle transnationale au monde, la République démocratique du Congo (RDC) intensifie sa riposte judiciaire. Dans ce sens, du 21 au 23 septembre 2026, la ville de Kinshasa accueille la deuxième session de formation de mentorat dédiée aux juges et magistrats, axée cette fois sur le thème crucial des « Compétences professionnelles ».
Organisée par l’ONG Juristes pour l’Environnement au Congo (JUREC), avec le soutien financier du Bureau of International Narcotics and Law Enforcement Affairs (INL) et l’appui technique de l’African Wildlife Foundation (AWF), cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet « Lutte contre le trafic illégal de la faune sauvage, du bois et des autres ressources naturelles en RDC ». Ce, en collaboration avec l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et de l’Institut National de Formation Judiciaire (INAFORJ).
« L’objectif de ce programme, c’est d’outiller les magistrats et les juges afin qu’ils soient à même de poursuivre les infractions liées à la criminalité faunique. Et donc, dans un premier temps, il était question de leur démontrer l’importance de la faune sauvage, l’enjeu qu’il y a tout autour, mais aussi la nécessité de sa protection, et aussi de leur présenter les cadres juridiques à la fois internationaux, mais aussi internes liés à la protection de la faune sauvage », a indiqué en subsistance Me Félix Credo Lilakako, Président du conseil d’Administration de l’ONG JUREC.
En Afrique centrale en général et en RDC en particulier, le braconnage et le trafic illicite de la faune ont dépassé le simple cadre de l’atteinte à l’environnement. Ils se sont transformés en un crime organisé à grande échelle, orchestré par des réseaux militarisés et interconnectés avec d’autres activités illicites (exploitation minière illégale, corruption, blanchiment d’argent).
Profitant de frontières poreuses et d’une sécurité portuaire et aéroportuaire parfois vulnérable, ces syndicats criminels acheminent des produits fauniques illégaux vers les marchés internationaux. Face à cette criminalité transnationale complexe, la simple existence d’une réglementation ne suffit plus : elle doit s’accompagner d’une application effective et rigoureuse de la loi.
« La capacité des magistrats à rendre justice dans les affaires de criminalité faunique ne se limite pas aux connaissances juridiques. Elle repose également sur de solides compétences professionnelles. Une communication efficace, une conduite éthique des auditions et une communication orale assurée, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la salle d’audience, sont essentielles pour asseoir la crédibilité, renforcer la confiance du public et garantir une administration de la justice équitable et éclairée », a soutenu le Président de JUREC.
Renforcement des compétences pour mieux juger

Faisant suite à une première session inaugurale tenue en mars 2026 autour des bases juridiques et de la portée de la criminalité faunique, cette réunion cible juges et magistrats clés issus de différentes zones stratégiques du pays, notamment Mbandaka, Boende, Kinshasa, Matadi, Kolwezi et Dilolo.
« Ces sites ont été pré-identifiés, mais aussi identifiés en raison d’une certaine affluence des cas liés à la criminalité faunique. Il y a d’abord le site dans le Grand Équateur comme Boende, au centre il y a Kinshasa et au sud il y a Kolwezi et Dilolo. Des sites identifiés comme étant des points chauds de lutte contre la criminalité faunique en raison effectivement d’une certaine mouvance assez élevée », a expliqué Me Félix Credo Lilakako.
Représentant l’AWF, Me Djo Kasongo a souligné la nécessité pour les juges et magistrats, de renforcer leurs capacités dans les notions liées à la lutte contre la criminalité faunique.
« Nous avons sélectionnées certaines thématiques pour que lorsqu’elles seront bien assimilées par les membres de la justice pénale, contribueront à la lutte contre cette criminalité, en jetant un lien entre les compétences professionnelles et cette activité qui permettra donc à bien dire le droit sur les crimes fauniques », a indiqué Me Djo Kasongo.
Signalons que la clôture de cette deuxième session est prévue le 23 septembre prochain, avant la troisième session qui interviendra avant la fin de cette année, probablement en décembre de l’qnnée en cours.
Ruben Ns Mayoni
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