L’Afrique importe chaque année environ 14 à 15 millions de tonnes de riz pour répondre à une demande intérieure en constante croissance. Cette forte dépendance aux importations constitue un défi majeur pour la sécurité alimentaire et le développement agricole du continent.
Selon Jean-Paul Bya’undaombe Longye, jeune chercheur congolais spécialisé dans le riz pluvial et les systèmes de culture associant les légumineuses, l’Afrique dispose pourtant d’un potentiel important pour accroître sa production locale. C’est ce sens que ce jeune chercheur appelle à investir dans le riz pluvial et les légumineuses face à la dépendance aux importations.
« Nous devons produire davantage de riz, mais surtout produire de manière durable et adaptée aux réalités climatiques africaines. Le riz pluvial associé aux légumineuses peut contribuer à améliorer la productivité, la fertilité des sols et la résilience des petits producteurs », explique-t-il.
La productivité rizicole demeure encore relativement faible dans plusieurs régions d’Afrique subsaharienne, avec des rendements moyens autour de 2 à 2,5 tonnes par hectare. Pour Jean-Paul, l’amélioration des semences, la recherche agronomique, l’accès aux technologies et la formation des agriculteurs sont essentiels pour inverser cette tendance.
Ses travaux de recherche portent notamment sur l’association du riz pluvial avec le niébé et le pois Bambara dans des conditions semi-arides. Cette approche vise à diversifier la production, améliorer l’utilisation des ressources et renforcer la fertilité des sols, tout en offrant aux agriculteurs plusieurs sources de revenus et de nourriture.
Lien entre agriculteurs et climat

En tant que Jeune négociateur climatique auprès de la Convention Cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC – UNFCCC), Jean-Paul Longya souligne également le lien étroit entre agriculture et changement climatique.
« La sécurité alimentaire africaine ne peut pas être séparée de la question climatique. Nous devons développer des systèmes agricoles capables de résister aux sécheresses, aux fortes pluies et aux autres effets du changement climatique », renseigne-t-il.
La transformation du potentiel agricole de l’Afrique en une véritable capacité de production, en plaçant la recherche, la jeunesse, l’innovation et l’adaptation climatique au cœur de sa stratégie rizicole est un impératif pour l’Afrique note ce jeune scientifique.
« L’objectif ne doit pas seulement être d’importer moins de riz, mais de donner aux producteurs africains les moyens de produire davantage et mieux », conclut Jean-Paul Bya’undaombe Longye.
La rédaction
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