La pression monte autour des activités minières dans la ville de Kolwezi, au cœur de la province du Lualaba. Dans un communiqué conjoint rendu public lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 14 mai à Kinshasa par l’Initiative pour la Bonne Gouvernance et les Droits Humains (IBGDH ASBL), UWAZI et SAUTI YA LUALABA, les organisations de la société civile dénoncent une situation environnementale et sanitaire alarmante causée par les activités de l’entreprise minière Ruashi Mining.
À travers leur coordonateur, Donat Kambola Lenge, les organisations disent porter la voix des populations de Kolwezi, qualifiée de capitale mondiale du cobalt, qui réclament désormais la cessation immédiate des activités polluantes de cette société minière implantée au centre de la ville.
« Je peux dire que nous sommes dans un secteur de non-État. On ne sent pas l’autorité de l’État. Ruashi Mining se trouve au centre même de la ville de Kolwezi. Elle a trouvé les habitants là où elle a construit ses installations. Ce que nous déplorons aujourd’hui ce n’est que l’essai d’exploitation lancé en octobre 2025 », s’est indigné le coordonnateur.
Dans leur déclaration, les structures citoyennes s’interrogent sur le destin de cette ville minière de la République démocratique du Congo : « Kolwezi est-elle une zone sacrifiée, une solution mondiale pour la transition énergétique ou simplement une terre maudite à cause des richesses de son sous-sol ? », questionnent-elles. Dans ce cas, ils dressent un tableau jugé inquiétant de la situation sur le terrain, dont les habitants dénoncent notamment la mauvaise qualité de l’air, les nuisances sonores, les odeurs chimiques provenant des bassins d’acide ainsi que les fumées industrielles dégagées par les usines minières. Selon les organisations signataires, plusieurs conséquences sanitaires sont déjà visibles au sein des communautés riveraines notamment les problèmes respiratoires, éruptions cutanées, saignements de nez, précisément chez les enfants, ainsi qu’une pollution persistante de l’air.
En outre, les organisations de la société civile affirment également avoir commandé une étude scientifique afin d’approfondir les plaintes des communautés affectées. D’après les résultats présentés dans le communiqué, les analyses révèlent des phénomènes de corrosion et de perforation prématurée des toitures en tôles, des fissures sur les murs des habitations ainsi qu’un dessèchement progressif des plantes et des cultures.

Plus grave encore, les analyses chimiques des eaux de pluie, des eaux de puits et des sols agricoles auraient mis en évidence des concentrations élevées en métaux lourds, notamment l’arsenic, le cadmium, le plomb, le cuivre, le cobalt, le fer et le manganèse. Les organisations indiquent que plusieurs de ces éléments dépasseraient les normes recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’eau potable et l’usage agricole sécurisé.
Face à cette situation, l’IBGDH, SAUTI YA LUALABA et UWAZI accusent les autorités locales, provinciales et nationales de passivité. Selon elles, malgré les alertes répétées, les pouvoirs publics hésitent à imposer des mesures conservatoires urgentes pour limiter les dégâts environnementaux et réduire les souffrances des populations.
Dans leur communiqué, ces organisations rappellent également les promesses formulées par le président Félix Tshisekedi lors de ses visites à Kolwezi, lorsqu’il affirmait vouloir faire profiter les Congolais des richesses minières du pays. Mais pour les organisations signataires, la réalité sur le terrain contraste fortement avec ces engagements.
« Les entreprises minières violent les droits humains pendant que les populations sont sacrifiées », dénoncent-elles, évoquant un climat d’impunité dans lequel les sanctions financières infligées aux entreprises n’aboutissent à aucune réparation concrète en faveur des victimes.
Alors qu’une éventuelle délocalisation des populations affectées est évoquée dans certains milieux, ces organisations estiment que les mesures urgentes doivent prioritairement viser la réduction immédiate des risques sanitaires et environnementaux. Par ailleurs, l’IBGDH ASBL demande officiellement la cessation des activités polluantes et exige la prise de mesures conservatoires fortes, notamment la fermeture de l’usine métallurgique de Ruashi Mining, afin de protéger les communautés vivant à proximité du site minier. Mais elle prévoit aussi d’élargir ses activités pour saisir les actionnaires de l’entreprise et les acheteurs de leurs produits afin de les sensibiliser sur les conséquences néfastes de cette exploitation inhumaine de la société Ruashi Mining sur le territoire congolais.
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