Engager un dialogue de haut niveau de toutes les parties prenantes pertinentes, y compris toutes les composantes institutionnelles et forces vives intervenant dans la chaîne de transformation locale et d’exportation des grumes pour une valeur ajoutée effective en faveur de la RDC. C’est l’objectif même de la campagne lancée par le Réseau des observateurs indépendants des ressources naturelles (RENOI), à travers son pôle forêts porté par le Groupe de travail forêt en République démocratique du Congo (GTF-RDC).
Le 20 août 2026, le GTF-RDC a convié les délégués des ministères sectoriels, du secteur privé et de la société civile pour échanger sur les voies et moyens de l’application de l’article 109 du présent Code forestier en cours de révision. Cet article a rencontré de sérieux problèmes qui n’ont pas permis son effectivité pour la transformation de 70% du bois congolais et l’exportation de 30% autres.
« La République démocratique du Congo est engagée sur plusieurs réformes dont celle forestière, notamment avec la révision du code forestier de 2002 pour l’adapter au nouveau contexte. Ce cadre juriste contient une disposition qui parle de la transformation locale et de l’exportation du bois grume. Le constat est que cette disposition qui prévoit 70% de bois à transformer localement et 30% à exporter en grume n’a jamais été appliquée », a expliqué Bienvenu Ngoy, Coordonnateur national du Groupe de Travail Forêt en RDC.
Et d’ajouter:
« A l’occasion de la révision du Code forestier, nous avons profité pour réfléchir afin d’améliorer ce dispositif là avec des propositions, car cela ne concerne pas seulement le ministère de l’environnement, il fallait également impliquer la douane, les finances, le commerce extérieur, pour qu’ensemble on propose deux éléments: les recommandations liées au processus et celles liées à l’amendement de cet article 109 », a-t-il souligné.
Aligner la RDC sur la voie de la CEMAC
Le Réseau national des observateurs indépendants des ressources naturelles, par la bouche de son Président du conseil d’administration, JR Bowela, voit une opportunité dans cette transformation, pour aligner la RDC sur la voix des pays de Communauté économique et monétaire des pays de l’Afrique centrale (CEMAC), sur une orientation forte vers la fin de l’exportation des bois sous forme de grumes et le développement des capacités de transformation locale.
« Pour le RENOI, la question ne doit pas être abordée uniquement sous l’angle de l’interdiction ou de l’autorisation d’exporter les grumes. Elle doit surtout être considérée comme une opportunité de transformation structurelle de l’économie forestière congolaise. Nous devons passer d’un modèle où la valeur ajoutée quitte principalement le territoire sous forme de matière première, à un modèle où le bois est transformé localement, créateur d’emplois, de revenus, d’industries, et de développement pour les communautés riveraines et l’Etat Congolais », a indiqué le Président du conseil d’administration du RENOI.
La société civile toujours à cœur des réformes

L’interdiction d’exportation du bois sous forme de grumes est déjà consacrée par le Code forestier, a rappelé le Directeur Maurice Matanda de la Direction d’inventaire et d’aménagement forestier (DIAF), qui a loué l’initiative du RENOI, pôle forêts porté par le GTF.
« Ces assises constituent une contribution significative dans le processus de la réforme forestière dans le processus de construction d’une gouvernance forestière robuste dans notre pays », a déclaré Maurice Matanda.
Il a insisté sur le fait que ce dialogue doit être un espace de vérité, d’écoute et de construction positive devant aider à rapprocher les politiques nationales et les réalités vécues sur le terrain et à consolider la cohésion entre les engagements internationaux de la RDC et des priorités de développement.
A l’issue des travaux, le GTF-RDC s’est réjoui de l’atteinte des résultats atteints, d’abord de la mise autour d’une table des parties prenantes – administration, secteur privé et société civile – tout le monde étant unanime que la transformation locale du bois grume apportera une valeur ajoutée en termes d’employabilité des communautés locales et peuples autochtones qui vivent autour des concessions forestières.
Ruben Ns Mayoni
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