La ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du Climat (MEDD-NEC), Marie Nyange s’est entretenue les 18 et 19 aout au siège du ministère avec les représentants des communautés locales, peuples autochtones et les autorités coutumières. À l’ordre du jour : l’examen de la proposition de loi relative au marché carbone et la problématique des concessions forestières publiques non officielles.
D’entrée de jeu, la ministre a souligné l’urgence de doter la République démocratique du Congo d’un cadre juridique solide pour encadrer le marché du carbone, aujourd’hui reconnu à l’échelle internationale. Elle a rappelé que l’adoption définitive du Code forestier constitue une étape incontournable pour réguler l’exploitation des ressources forestières et lutter contre la coupe anarchique des arbres.
Trois axes prioritaires ont été mis en avant : la définition d’une stratégie nationale claire, une planification rigoureuse et une monétisation transparente des crédits carbone. Pour y parvenir, deux piliers structurants sont prévus : la création d’un registre national souverain des crédits carbones et la mise en place d’un dispositif MRV (Mesure, Reporting, Vérification).
Pour la responsable du MEDD-NEC a également précisé que la répartition des revenus issus du marché du carbone devra être équitable : « 20 % seront réservés aux communautés locales et aux peuples autochtones, tandis que 80 % reviendront à l’État et aux investisseurs privés ». Cette répartition, d’après elle, devra s’accompagner d’une gestion transparente et participative, gage de confiance pour les partenaires techniques et financiers.
« Il y a nécessité de travailler avec sérieux, discipline et transparence afin de restaurer la crédibilité de l’État et d’attirer des investissements durables », a-t-elle insisté.

Par ailleurs, les échanges ont également porté sur un contrat relatif au marché du carbone publié en 2017, mais resté largement méconnu des communautés. La société civile a plaidé pour que les contrats futurs privilégient la conservation plutôt que l’exploitation, et a demandé un renforcement de l’information et de la participation des populations concernées.
Reconnaissant que le manque de communication préalable a fragilisé la confiance, la ministre a appelé à une meilleure coordination entre les institutions et à une implication accrue des communautés dans les processus décisionnels.
Plusieurs recommandations ont été formulées à l’issue de la rencontre : vulgarisation de la loi auprès des communautés locales, renforcement des capacités des acteurs communautaires, explication des bénéfices attendus et déploiement d’équipes de terrain pour accompagner la mise en œuvre.
La Rédaction
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