Pendant que le gouvernement congolais et la compagnie pétrolière Perenco négocient un règlement fiscal, la coalition Notre Terre Sans Pétrole réclame la publication intégrale de l’audit environnemental, des garanties de dépollution et des réparations en faveur des communautés de Muanda, dans le Kongo Central. La question environnementale s’invite dans les négociations fiscales entre Kinshasa et Perenco. Dans un communiqué publié le 12 octobre 2026, la coalition Notre Terre Sans Pétrole (NTSP) appelle les autorités congolaises à faire de la transparence et de la justice environnementale des conditions préalables à tout accord avec la compagnie pétrolière.
Pour cette coalition d’organisations congolaises et internationales opposées à l’expansion pétrolière et gazière en République démocratique du Congo, un règlement fiscal ne saurait faire oublier les préoccupations liées à la pollution dans le territoire de Muanda, où les activités pétrolières suscitent depuis plusieurs années des inquiétudes au sein des communautés riveraines. À cela, la NTSP exige notamment que les discussions entre l’État et Perenco soient transparentes et que l’audit environnemental consacré aux activités pétrolières dans cette zone soit rendu public dans son intégralité.
La publication de cet audit constitue l’une des principales revendications de la coalition. Commandé par le gouvernement en décembre 2024, ce document n’avait toujours pas été rendu public au moment de la publication du communiqué, d’après les informations diffusées par NTSP. Cette absence de données accessibles entretient les interrogations des populations sur leur exposition aux risques environnementaux et sanitaires liés aux installations pétrolières.
Dans une précédente alerte, la coalition s’était également appuyée sur un rapport de Human Rights Watch publié le 27 juillet 2026, qui évoquait des activités de torchage sur plusieurs sites, des fuites de pétrole et le brûlage de déchets toxiques. Ces pratiques soulèvent des préoccupations quant à leurs effets potentiels sur la qualité de l’eau, des sols et la santé des habitants.
Face à ces préoccupations, NTSP plaide pour un accès public aux données environnementales ainsi que pour une surveillance indépendante permettant de mieux documenter la situation sur le terrain.
Dépollution et réparation pour les communautés
Au-delà de la publication de l’audit, la coalition réclame des engagements concrets pour répondre aux conséquences environnementales des activités pétrolières à Muanda. Elle demande des garanties de dépollution et des mesures de réparation en faveur des communautés affectées.
Cette exigence place les droits des populations riveraines au cœur du débat sur les relations entre l’État congolais et l’entreprise pétrolière. Pour NTSP, les négociations fiscales ne doivent pas se limiter aux intérêts financiers des parties, mais prendre également en compte les responsabilités environnementales et les préoccupations des habitants.
Bien avant, la coalition avait déjà appelé à la réalisation d’une étude sanitaire, à la mise en place d’un mécanisme de surveillance indépendant et à l’adoption de mesures concrètes pour restaurer les milieux affectés.
La transparence au cœur des négociations
À travers cette prise de position, Notre Terre Sans Pétrole entend éviter qu’un éventuel accord fiscal ne relègue au second plan les questions de pollution, de responsabilité et de réparation. La coalition réclame que les discussions soient conduites dans la transparence et que les communautés concernées puissent accéder aux informations relatives à leur environnement.
Reste désormais à connaître la réponse des autorités congolaises et de Perenco à ces revendications. Le communiqué de NTSP ne précise pas les termes du règlement fiscal en discussion ni la position de la compagnie sur les demandes formulées. À Muanda, l’enjeu dépasse ainsi la seule négociation financière. Il concerne aussi l’accès à l’information environnementale, la protection des populations riveraines et la prise en charge des dommages éventuellement établis par les évaluations indépendantes.
Onesime Lukau
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