À l’occasion de la 17ème Conférence des Parties (COP17) sur la biodiversité tenue à Erevan en Arménie, l’initiative One Forest Vision (OFVi) s’est imposée comme un acteur clé du dialogue entre recherche scientifique et décisions politiques. Représentée par Florence Palla, Présidente du Conseil scientifique d’OFVi et Coordinatrice à l’OFAC-CE, Laurent Durieux, Coordinateur d’OFVi/IRD et Sabrina Krief, Professeure au Muséum national d’Histoire naturelle, l’organisation a plaidé pour un partage accru des données et une accélération de la conservation globale, notamment dans le bassin du Congo.
Au cœur des annonces faites durant l’événement figurent deux outils technologiques d’analyse automatisée développés dans le cadre du projet.
Il s’agit d’abord de DeepForestVision (DFV2) : présentée par la primatologue Sabrina Krief et développée par Hugo Magaldi (MNHN), cette technologie repose sur des modèles d’apprentissage profond (deep learning). Entraînée sur 3 millions de clichés et vidéos provenant de 63 sites partenaires, sa nouvelle version identifie désormais 64 catégories d’éléments (dont 61 classes animales, contre 35 auparavant) issus de pièges photographiques.
Ensuite, de DeepForestSound (DFS) : en complément des images, cet outil mobilise l’intelligence artificielle pour analyser les enregistrements acoustiques en forêt. Capable de reconnaître 12 espèces (en particulier des oiseaux et des primates de la canopée), DFS permet de repérer des animaux discrets ou difficiles à observer à l’œil nu.
OFVi souligne que ces outils sont gratuits, utilisables sans compétences en programmation (via AddaxAI pour DFV2) et traitent les données en local, hors ligne, garantissant la confidentialité vis-à-vis des tiers. L’accès est donc simplifié et souverain.
Données scientifiques et monde d’entreprise : les temps forts d’Erevan

Les interventions d’OFVi se sont structurées autour de deux événements majeurs au sein du Data to Action Pavillon.
Premièrement, la transformation de la donnée en indicateurs, à travers la présentation du workflow collaboratif Galaxy Ecology du 24 octobre, permettant de traduire des données génétiques en indicateurs pour le suivi du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, ainsi que des avancées du projet européen Biodiversa+ GINAMO.
Deuxièmement, la mobilisation des entreprises, lors de la session de haut niveau du 27 octobre aux côtés de Barbara Pompili, ambassadrice déléguée à l’environnement, axée sur l’interopérabilité des données privées/publiques, la souveraineté numérique des pays hôtes et l’aide à la décision politique.
Urgence politique et souveraineté des données
S’exprimant sur le bilan intermédiaire du Cadre mondial de la biodiversité, Laurent Durieux a averti sur la nécessité de changer d’échelle :
« La COP17 acte un constat sans appel : nous n’atteindrons pas les 23 objectifs mondiaux de biodiversité à l’horizon 2030 si nous ne changeons pas radicalement de rythme et d’échelle… La science est indispensable à la transformation, mais le consensus politique n’est pas encore à la hauteur de l’urgence », a-t-il indiqué.
La rencontre diplomatique en marge de la COP entre Florence Palla et Tosi Mpanu Mpanu, Conseiller principal du Président de la République Démocratique du Congo (RDC) pour l’Environnement et la mobilité illustre la volonté d’OFVi, celle de mettre l’innovation scientifique directe au service des décideurs publics tout en renforçant les capacités locales et la souveraineté environnementale des nations.
Ruben Ns Mayoni
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