L’onde de choc provoquée par le braconnage d’un éléphant dans le territoire de Punia, au Maniema, continue de se propager. Au lendemain de l’alerte lancée par l’organisation AGIREC Maniema, c’est au tour de Greenpeace Afrique de faire entendre sa voix, exprimant une vive inquiétude et appelant à un sursaut collectif.
Si les contours exacts de ce crime de faune restent à éclaircir par les enquêteurs, l’épisode revèle une menace persistante qui pèse sur les espèces intégralement protégées en République démocratique du Congo et, au-delà, sur l’équilibre fragile des écosystèmes du Bassin du Congo.
Pour Bonaventure Bondo, Chargé de Campagne Forêts pour le Bassin du Congo chez Greenpeace Afrique, la disparition de chaque pachyderme est une brèche ouverte dans le poumon vert de la planète. « Les éléphants sont de véritables architectes des forêts tropicales. En dispersant les semences, en régénérant les milieux naturels et en maintenant la diversité des habitats, ils assurent la santé et la résilience des forêts face aux dérèglements du climat », a-t-il déclaré. Il alerté sur les conséquences en cascade : « leur extinction progressive n’est pas qu’une tragédie pour la biodiversité. Elle réduit la capacité des forêts à piéger le carbone, compromet les services vitaux dont dépendent des millions de personnes et met en péril les moyens de subsistance des communautés riveraines et des peuples autochtones. »
En vue de cela, Greenpeace Afrique exige des autorités compétentes l’ouverture d’une enquête indépendante, impartiale et transparente. L’objectif est de faire toute la lumière sur les faits, identifier les commanditaires et les exécutants, et donner un signal fort quant à l’application effective des lois nationales sur la conservation de la nature.
Mais pour l’organisation écologiste, la seule réponse judiciaire ne suffira pas. Elle plaide pour un engagement renforcé aux côtés des populations locales, présentées comme les premières sentinelles des forêts. « La protection de la biodiversité est l’affaire de tous. Les communautés locales doivent être pleinement associées aux efforts de conservation. La sensibilisation, la prévention et la sanction restent nos meilleurs remparts pour transmettre ce patrimoine naturel aux générations futures », a insisté Bonaventure Bondo.
Dans cette optique, Greenpeace Afrique se dit prête à nouer des collaborations avec la société civile, les autorités provinciales, les services techniques et les partenaires de conservation afin de multiplier les actions de sensibilisation dans les zones à risque ou à haute valeur écologique.
L’organisation réaffirme enfin son engagement indéfectible à défendre les espèces menacées, à promouvoir une gestion responsable des ressources naturelles et à préserver les forêts du Bassin du Congo, poumon vert essentiel à la stabilité climatique de la planète.
Avec Greenpeace
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