Forum du bassin du Congo 2025 : la GIZ a présenté le Nexus eau-énergie-écosystèmes pour la résilience face au changement climatique 

Forum du bassin du Congo 2025 : la GIZ a présenté le Nexus eau-énergie-écosystèmes pour la résilience face au changement climatique 

En marge des travaux de la 2ème édition du forum du bassin du Congo qui se tient à Kinshasa depuis le 10 juin 2025 à l’institut national des arts, la coopération allemande (GIZ), a organisé un side-event (événement parallèle) au cours duquel il a été mis en exergue le nexus eau-énergie-écosystèmes (WEEN), projet lancé en janvier 2024 avec comme site pilote, la province du Maniema, mais dont les résultats seront applicables à toutes les autres provinces.

La pertinence de ce projet s’explique par le fait que la RDC est l’un des pays les plus affectés par les conséquences du changement climatique, malgré les ressources dont elle dispose. De ce fait, il est crucial pour le pays de maîtriser ses ressources naturelles afin d’organiser sa résilience. 

Dans la présentation du projet devant l’assistance, Hartmut Behrend, conseiller technique à la Giz et chef du Projet Ween, a souligné l’importance de ce dernier pour les populations dans le cadre de lutte contre les changements climatiques et la résilience de la province du Maniema en particulier et du pays en général. 

« Ce projet adopte une approche transversale et scientifique. Son objectif est de rassembler des données susceptibles d’éclairer la prise de décisions dans les secteurs de l’eau, de l’énergie et des écosystèmes, afin de lutter contre les effets du changement climatique tout en renforçant la résilience des communautés », a indiqué Hartmut Behrend dans la présentation du projet. Il a ajouté que « dans un pays comme la RDC, fortement touché par les effets du changement climatique, il est capital de trouver des mesures durables pour améliorer la résilience contre le changement climatique. Nous espérons que d’ici trois ans, nous mettrons en ligne une base de données qui facilitera la prise de décisions pour améliorer la résilience. Cette base de données sera accessible à tous », a déclaré le chef du projet Ween.

Le Directeur des Ressources en Eau au Ministère de l’environnement et développement durable a relevé lesfacteurs qui menacent l’eau et la forêt de la RDC. 

« La pêche artisanale et illégale, la destruction massive des écosystèmes forestiers et aquatiques sont des menaces existentielles sur nos différents écosystèmes. Nous soutenons totalement ce projet, tout en souhaitant que les résultats soient dupliqués dans les zones comme le Lualaba », a laissé entendre le Directeur Willy Lungu.

L’approche du projet Ween permet d’améliorer la connaissance sur la nécessité de bien gérer les ressources en eau du pays en vue d’assurer leur exploitation durable dans un contexte marqué par les effets du changement climatique. 

« Le projet a un caractère scientifique, nous voudrions également que les scientifiques fassent partie de ce projet pour une réussite assurée », a soutenu le ministre provincial de l’environnement du Maniema, Francis Masumbuko Lutaka.Avant d’ajouter, « à partir de ce projet, nous pouvons sortir de la pauvreté. Il faut que le projet soit capitalisé avec toutes les parties prenantes ».

L’auditoire, composé d’éminents professeurs, des responsables des services des ressources en eau et d’autres secteurs ont salué la pertinence du projet dont l’alliance eau-énergie-écosystèmes va non seulement permettre de lutter contre le changement climatique, mais également d’améliorer les conditions socio-économiques de la population. Le projet Ween permettra aussi d’éclairer la lanterne des décideurs dans leur prise de décision, à travers la base de données ainsiconstituée concernant les ressources en eau, l’énergie et les écosystèmes à l’échelle nationale, provinciale et locale.

Dans les commentaires des panelistes, il a été évoqué l’existence des lois sur l’eau et la forêt, mais certaines mesures d’application font encore défaut. Pour le professeur Raphaël Tshimanga, Directeur de l’École régionale de l’eau de l’Université de Kinshasa, « il faut donner une priorité aux usages de ressources en eau, tout en considérant l’environnement comme l’utilisateur primaire. Nous devons formuler des recommandations, des lignes directrices pour pouvoir protéger l’environnement, les écosystèmes aquatiques et pour utiliser l’eau pour d’autres fins comme la production énergétique », a-t-il déclaré.

L’eau douce ayant une valeur économique dans tous ses usages, le nexus eau-énergie -écosystèmes est un projet un soutien tous azimuts pour non seulement lutter contre le changement climatique, mais aussi et surtout, lutter contre la pauvreté en fournissant aux communautés locales les moyens nécessaires à leur subsistance.

Ruben Ns Mayoni

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