Le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a pris part, mercredi 15 juillet à N’Djamena (Tchad), à la cérémonie d’ouverture du Forum africain de l’eau, aux côtés de quatre autres Chefs d’État, des représentants de vingt-cinq pays africains, ainsi que de partenaires au développement et de délégués du secteur privé.
Dans son allocution, le Chef de l’État congolais a lancé un appel en faveur d’une coalition africaine pour la sécurité hydrique, estimant qu’aucun État ne peut, à lui seul, garantir sa sécurité en matière d’eau. Il a plaidé pour une mobilisation continentale afin de bâtir une gouvernance coopérative des ressources hydriques.
À cette occasion, le Président Félix Tshisekedi a présenté cinq orientations majeures destinées à relever les défis liés à la gestion durable des ressources en eau sur le continent.
La première orientation consiste à intégrer les politiques publiques. « Nous devons cesser de concevoir séparément l’eau, l’agriculture, l’énergie, la santé, l’urbanisme, l’environnement et les infrastructures. Nos politiques doivent être pensées à l’échelle des bassins, des territoires, des villes et des systèmes économiques », a-t-il déclaré.
La deuxième orientation porte sur le renforcement de la gouvernance grâce à des institutions performantes, une meilleure redevabilité et une gestion transparente des infrastructures hydriques.
La troisième orientation met l’accent sur la préparation de projets techniquement mûrs et financièrement structurés afin d’attirer davantage d’investissements dans le secteur de l’eau.
La quatrième orientation concerne le financement des infrastructures hydriques. Le Président Tshisekedi a plaidé pour une mobilisation massive des ressources publiques, privées ainsi que des partenaires internationaux afin d’accélérer le développement des infrastructures.
Enfin, la cinquième orientation vise à faire de l’eau un véritable levier d’industrialisation. « Nous devons développer sur notre continent la production de tuyaux, de pompes, de compteurs, d’équipements de traitement, de systèmes d’irrigation et de solutions numériques », a-t-il affirmé.
Poursuivant son intervention, le Président de la République a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération continentale. « Aucun État ne peut garantir seul sa sécurité hydrique », a-t-il déclaré, avant d’appeler à « une coalition entre les États, pour élever l’eau au rang de priorité politique de premier ordre ».
Il a également invité à mettre en place une coalition avec les institutions financières afin de réduire le coût du financement et d’accélérer les investissements, avec le secteur privé pour mobiliser les technologies, l’innovation et les capacités d’exécution, ainsi qu’avec les collectivités, les communautés, les jeunes et les femmes, afin que les solutions répondent aux réalités locales et soient durablement appropriées.
Évoquant le cas de la République démocratique du Congo, pays disposant d’un immense potentiel hydrique, le Chef de l’État a présenté les ambitions nationales en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement. « À l’horizon 2035, nous voulons porter le taux d’accès à l’eau potable à 60 %, celui de l’accès aux services d’assainissement et d’hygiène à 50 %, et garantir un accès adéquat aux infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans 80 % de nos écoles et de nos établissements de santé », a-t-il fait savoir.
Pour sa part, le Président de la République du Tchad, Mahamat Idriss Déby, qui a officiellement ouvert les travaux du Forum, a proposé que les échanges s’articulent autour de trois engagements majeurs : le financement, la gouvernance et l’inclusion.
« Faisons de ce Forum de N’Djamena le momentum d’une Afrique qui reprend en main la maîtrise de son destin hydrique, qui réalise son potentiel en transformant ses contraintes en opportunités, et qui bâtit, pierre après pierre, un avenir de résilience et de prospérité partagée », a-t-il souligné.
En marge de ces assises, le Chef de l’État tchadien a également annoncé une mesure importante en faveur de l’intégration africaine et de la libre circulation des biens et des personnes. Il a indiqué que le Tchad ouvrira ses frontières et supprimera les visas d’entrée pour tous les Africains à compter du 1er janvier 2027.
Ce Forum africain de l’eau constitue ainsi une plateforme stratégique pour renforcer la coopération entre les États africains, les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé, en vue de promouvoir une gestion durable, inclusive et résiliente des ressources hydriques au service du développement du continent.
Jean Béni Nseposwa
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