Et si la véritable solution pour sauver nos écosystèmes résidait entre les mains de ceux qui y vivent depuis des générations ? C’est le cri du cœur lancé par l’Initiative Interreligieuse pour les Forêts Tropicales (IRI RDC) lors de la table ronde percutante à Kinshasa, organisée par la Coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et l’action publique (CORAP), avec le soutien de Rainforest Foundation UK (RFUK) et Notre Terre sans Pétrole.
Au cœur des discussions : la présentation du Livre blanc et une vision claire, pas de transition écologique authentique sans justice sociale.
Trop souvent, les grands plans climatiques oublient l’essentiel : « les humains ». Pour le Facilitateur National de l’IRI RDC, intervenant sur le thème « Une transition juste pour les communautés locales et les peuples autochtones : quelles leçons et quelles perspectives ? », la transition ne peut plus se limiter à des chiffres économiques ou à des objectifs carbone.
« Il ne peut y avoir de transition juste sans protection des forêts, sans respect des droits et sans participation effective des communautés qui vivent sur ces territoires », a souligné Dr Fabrice Tshimanga Ndaye, Facilitateur National de l’IRI-RDC.
Les forêts de la RDC ne sont pas seulement un rempart mondial contre le réchauffement climatique. Elles sont un sanctuaire de vie, une pharmacie à ciel ouvert, une source de nourriture et le socle culturel de millions de Congolais.
Des communautés consultées aux communautés actrices

Le pouvoir de s’unir : « Pas de forêts, pas d’avenir, un levier de plaidoyer »
En s’appuyant sur les leçons de la campagne « Pas de forêts, pas d’avenir », l’IRI RDC démontre que la protection de la nature est indissociable du développement humain. L’objectif est limpide : faire remonter la voix des territoires directement sur la table des décideurs politiques et exiger des retombées concrètes et équitables.
L’IRI RDC bouscule les lignes et réclame un changement radical de posture : en finir avec de simples consultations de façade pour instaurer une co-construction des politiques publiques par une logique de participation effective et non de façade.
Pour réussir ce pari, l’Initiative pose des conditions incontournables : la sécurisation foncière doit garantir la protection juridique des terres communautaires ; l’application stricte du CLIP veillera au respect du Consentement Libre, Informé et Préalable avant toute décision sur les ressources ; et l’implication totale pour assurer que les habitants ne soient pas seulement spectateurs, mais concepteurs, acteurs et bénéficiaires de la conservation.
Par ailleurs, pour un avenir durable, IRI-RDC mises sur des priorités : d’abord, redonner le pouvoir décisionnel aux populations locales ; ensuite, promouvoir une économie verte génératrice d’emplois décents ; et enfin, assurer un partage juste et équitable des richesses issues de la gestion durable.
« Une transition juste doit réduire les inégalités produites ou aggravées par les choix de développement et garantir que les populations des territoires ne soient pas les seules à supporter les coûts de la transition », rappelle l’IRI RDC.
En clair, pour l’IRI-RDC, « protéger les forêts de la RDC, c’est avant tout défendre les droits de celles et ceux qui en sont les gardiens séculaires, et leur participation aux décisions », ce qui constituer des piliers de la transition juste en RDC.
Ruben Ns Mayoni (Avec IRI-RDC)
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