Un atelier préparatoires à l’intention des leaders autochtones et des acteurs de la société civile s’est tenu jeudi 16 juillet à Kisangani dans la province de la Tshopo. Organisé par l’Alliance Nationale d’Appui et de Promotion des Aires et Territoires du Patrimoine Autochtone et Communautaire en RDC (ANAPAC-RDC), cette assise s’inscrit dans le cadre des consultations provinciales sur la révision du Code forestier en RDC.
L’objectif de cette rencontre est de préparer et d’outiller les leaders autochtones pygmées et les communautés locales sur les contributions à apporter et les préoccupations spécifiques à défendre dans le cadre des consultations provinciales sur le projet de nouveau Code forestier. Ces consultations, qui couvriront quatorze provinces forestières, doivent permettre d’intégrer les réalités locales et les défis propres à chaque région.
« Le Code forestier actuel a certes enregistré des avancées, notamment avec la reconnaissance de la foresterie communautaire. Cependant, cela ne suffit pas. Les leçons tirées de sa mise en œuvre montrent qu’il est nécessaire d’intégrer de nouvelles dispositions répondant aux réalités actuelles et aux attentes des communautés autochtones », a expliqué Joseph Itongwa.
Il a également souligné que l’ancien Code forestier ne tenait pas compte des évolutions juridiques intervenues depuis, notamment de la loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones. « Le projet de Code en révision commence désormais à intégrer la notion de peuples autochtones conformément à cette nouvelle législation, ce qui constitue une avancée importante », a-t-il précisé.
Le représentant du ministre provincial de l’Environnement, Éric Koy, a pour sa part souligné que la révision du Code forestier est devenue indispensable pour répondre aux nouvelles réalités environnementales et juridiques.
« Vingt-quatre ans après la promulgation du Code forestier de 2002, le monde a changé et la République démocratique du Congo aussi. Notre législation forestière doit désormais s’adapter aux réalités contemporaines afin de répondre aux nouveaux défis environnementaux, sociaux et économiques », a-t-il déclaré, rendant hommage au Chef de l’État pour son engagement en faveur de la protection de l’environnement.
Les acteurs de la société civile environnementale entendent ainsi peser sur le contenu du futur Code forestier en y intégrant des concepts novateurs et des préoccupations spécifiques, tels que :
· la reconnaissance des savoirs endogènes ;
· les Autres Mesures de Conservation Efficace par Zone (AMCEZ) ;
· les Aires et Territoires du Patrimoine Autochtone et Communautaire (APAC) ;
· le renforcement des Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL) ;
· l’érection du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) en principe majeur de toute gestion et gouvernance des ressources naturelles.
La réforme du Code forestier doit également intégrer les nouveaux mécanismes de financement climatique, notamment les marchés du carbone et les paiements pour services environnementaux, tout en renforçant la reconnaissance des droits des communautés locales et des peuples autochtones, conformément à la législation nationale en vigueur.
Avec ANAPAC-RDC
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