Sur les dix universités engagées au départ, c’est l’Université Protestante au Congo (UPC) qui a convaincu le jury à chaque étape. À l’occasion de la finale des Procès fictifs en droit de l’environnement, tenue le mardi 2 décembre à Kinshasa, le verdict est tombé : l’UPC l’a emporté face à l’Université Catholique au Congo (UCC).
Le dernier affrontement portait sur un cas de pollution minière, inspiré d’un incident réel survenu le 8 novembre 2025 : la rupture d’une géomembrane dans le bassin de rétention des eaux usées de la société minière Libobi Mining International (LMI), filiale du groupe suisse Kungu Cobalt Co. Ltd. Divers prix et cagnottes ont récompensé tous les participants, y compris ceux n’ayant pas atteint la finale.
La ministre de l’Environnement, développement durable et nouvelle économie du climat, représentée par Biby Mukadi, a salué l’initiative de JUREC. Celle-ci a permis de renforcer les capacités d’une cinquantaine d’étudiants sur des thématiques clés comme la criminalité faunique, la pollution des eaux et des plastiques, l’assainissement ou les droits des communautés locales. Par la voix de son représentant, Marie Nyange a souligné « la complexité du contentieux environnemental et l’importance du rôle du juriste » et réaffirmé son engagement dans la reconnaissance internationale de l’écocide.
Palmarès et récompenses

Premier prix : 1 200 000 francs congolais pour l’UPC.
Deuxième prix : 600 000 francs congolais pour l’UCC.
Un trophée, des diplômes de mérite et des certificats ont été remis à tous les participants et membres du jury. Henock Kondjo a été distingué comme meilleur plaideur.
De ce fait, Emmanuel Bumbu, représentant les étudiants de l’UPC, a exprimé sa reconnaissance.
« Ces procès simulés constituent une véritable prolongation de la formation universitaire. La pratique et le traitement de cas réels renforcent la compétence des futurs juristes ».
Me Félix Crédo Lilakako, PCA de JUREC, a souligné l’importance nationale de l’exercice.

« Nous offrons à la République une frange d’étudiants dûment préparés aux enjeux environnementaux. Le défi est maintenant d’assurer que de véritables procès environnementaux aient lieu, où les auteurs de crimes soient poursuivis ».
Et de poursuivre : « le droit de l’environnement est un beau droit, mais peu connu. Beaucoup de gens ne s’y intéressent pas. Avec l’initiative du JUREC, nous pensons qu’un changement de perception peut naître ».
Retombées positives

Les étudiants des deux universités lauréates n’ont pas seulement reçu des prix. Quelques cabinets d’avocats ont déjà exprimé leur intention d’embaucher quelques étudiants, futurs juristes spécialisés en droit de l’environnement. Ce qui prouve à suffisance que l’action de JUREC a eu du répondant et un échos favorable. Il est sans nul doute que la deuxième phase des provinces fera encore des émules. Pari gagné donc pour l’ONG Juristes pour l’environnement au Congo (JUREC).
Lancée le 5 juin 2025, cette première phase kinoise des « Procès fictifs » est désormais close. La prochaine étape consistera à étendre l’initiative à d’autres provinces, en identifiant des universités partenaires et en formant progressivement un réseau national de juristes spécialisés en droit de l’environnement.
Bertin Al-bashir
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